‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 118 sur 316 · L'AUMONE CHRÉTIENNE · texte numérisé non relu

L'AUMONE CHRÉTIENNE

provinces frontières, dès qu'elles eurent connaissance de ces navrants bulletins de la misère.

ff L*on a souhaité que Ton fit réimprimer les premières Relations^ pour faire voir Tordre et la suite de cet emploi de l'argent, qui est Tun des plus considérables qui soient en nos jours, puisquMl regarde nonseulement la vie temporelle d'un grand nombre de personnes, mais même la spirituelle, qui doit être le principal objet d'un chrétien. Cet argent servait, en effet, à entretejiiir aussi quelques « ecclésiastiques fervents pour le service de Dieu et du prochain, qui prenaient la place des pauvres pasteurs tués ou en fuite. »

Cette publication charitable, commencée en septembre 1650, continua jusqu'en décembre 1655*. Elle est précédée d'une sorte de préface que terminent des conseils religieux aux fidèles pour racheter leurs péchés par des aumônes. Afin de donner plus de poids à ce conseil,

1. Il en existe un recueil factice aux bibliothèques impériale etSainte- Geneviève, in-i», sous ce titre : Recueil des relations contenant ce qui s^est passé pour l'assistance des pauvres, entre autres ceux de Paris et des environs, et des provinces de Picardie et de Champagne, pendant les années 1650-1655. Paris, chez Savreux. — Le dernier numéro, celui de décembre 1655, qui parut après une interruption de neuf mois, ne se trouve pas dans ces recueils; la bibliothèque impériale eu possède un exemplaire détaché que M. Marty-Laveaux a bien voulu nous communiquer. — Le Recueil Thoisy, qui est à lui seul une bibliothèque dans l'immense collection de la rue Richelieu, renferme, outre ces Relations, de nombreuses pièces charitables dont nous parlerons à leur place. Nous ne citerons que peu de ces Relations, d'abord parce que le premier nous les avons données» presque in extenso dans notre travail de la Revue de Paris (1856;, dont elles) rmaient le principal fond; à la même époque à peu près, M. Georges Cadoudal les publiait aussi en résumé dans le Messager de la charité; depuis, en 1858, M. E. Fleury y a fait de nombreux emprunts pour sa brochure le Diocèse de Laon pendant la Fronde; enfin M. Tabbé Maynard (septembre 1860) a composé son récit presque exclusivement avec les enquêtes de M. Fleury et ces Relations qui sont donc devenues une sorte de lieu commun où il n^y a plus rien à apprendre. Nous ne donnerons que la dernière (celle de décembre 1655), qui n'a encore paru nulle part. — M. Maynard a supposé, nous ne savons d'après quelle autorité, qu'on s'abonnait à ces Relations; VAutnône chrétienne semble dire au contraire qu'on les distribuait partout où Ton espérait recueillir quelque secours, ce qui parait bien plus naturel*

ET LES RELATIONS DE MTSfillE. î.is

dernières le fait suivre di; deas pages U'cxliails dp rÉcriture-SaUilc el des Pères de l'Église, conrernani Je soulagemcnl dos pauvres dans les nécessili'^s publiijues. Vient ensnile, en quatre pages, une instniclion de cliatilé pratique : elle est adressée surtout aux seigneurs Jw villages mallicurcux'. On les engagea s'entendre avec les curi5s : tâcher de donner de l'ouvrage aux hommes Talûlcs; pour les maladies violentes, conlier les malades â la confrérie religieuse; pour ceux qui ne peuvent travailler, comme vieillards, enfants, convalescents. Mi donne une recette économique qui rappelle celle de la mère Angélique :

■ 0 faudra remplir d'eau une marmite ou chaudron conienant, bord fc bord, S seaui, dans tarjiielle on melira par morceiiuii environ 2& li- I jitsdB pain, 7 (luarlerons do graisse ou de beurre, seliin les jours gras H maigres, k H'rons de pois ou tkies avec des licrbes, oa demi-boïsde navels ou de cliou^, poireaux ou oignons, ou berbes polagËres, H ael pour 1A sous environ. Le toui, cuit ensemble, revenant t 'k^AMX, luOira pour cent personnes, et leur sera dîatrîbuû avec une t une écuellce, qui est une portion, et toute cqIIb Bonirllare ne reviendra qu'à 100 fOus pour cent pereonnesou au pliia 18 deniers (1 sou 1/3] pour cbacune. On peut ausM mettre dans loa

■ Âanafies qiieliues viandes, comme des entrailles de biieuf, moulon ou LVeau, Ii-squetli» supplieront à la graiete, poia et navets^ el ne coùt&- KDDt pa» davantage. ■

Le succès qu'obtinrent ces conseils charitables inspira h notre ingénieux; magistrat l'idée de faire publier ur. livre coinplci snr ce sujet. Ce fut encore l'école jansé- ■^niste qui s'en chargea el publia un travail inédit de son

■ fondateur* : l'Aumône chrétienne et ecclésiastique , en

t< Ce Mint ces le(ons qu'un grand seigneur, élëTs de Port-Royalj ie de Luynet, rddigsa plue lard sous ce titra ; Deiinirs des taigneurê le'irt terre», 1668. Voir une étgde sur ce livre par H. G. Cadoudal,

Ktmrde lactinrilé. 2Î mni 1838.

li UtvaîlaUHÎ BUtrarois adressé i la intra Aneolique un TtailétU

Page 1