‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 12 sur 316 · PICARDIE · texte numérisé non relu

PICARDIE

â"* dû conlribuer à la subsistance des soldats, sans avoir ôgard aux exemptions et aux privilèges ecclésiastiques; S" la liberté de moudre à toutes sortes de moulins, attendu l'affluence extraordinaire du peuple. Le chapitre accorda la première et la troisième demande, mais refusa la seconde... Pour armer à la hâte les deux mille hommes d'infanterie que lève Beauvais, un citoyen prête dix-huit mille livres, afin d'acheter à Rouen mousquets, poudre, mèches et piques... Le roi ordonne de brûler tous les moulins à eau età vent depuis Glermont jusqu'à Beauvais, afin d'aiïamer l'ennemi... La fuite des villageois dans les villes amena un tel désordre que, pour restituer les mou* tons qui avaient été repris sur les ennemis, on fut réduit à se contenter du témoignage de quelques bergers des envi» rons, quoique l'on vît bien qu'il n'y avait pas beaucoup de sûreté à s'en rapporter uniquement à leur parole, et cependant, malgré ces facilités extrêmes, plus de cent moutons ne furent pas réclamés! »

Avançant toujours, l'ennemi assiège Corbie, qui serend bientôt : l'agitation dans toute la France, et môme à Paris, est au comble; il semble que Jean de Werth, cet effroi de nos mères, campe déjà a Montmartre. C'est un sauve-quipeut général ; tout s'enfuit : chevaux, cochers et carrosses couvrent le3 routes vers Chartres et Orléans. Richelieu fut lui-même un instant ébranlé; mais bientôt il ranime tout de sa grande âme, entraine le roi avec une forte armée que lui fournit le patriotisme des Parisiens. Les Espagnols durent rétrograder, et Corbie fut repris.

Le pays n'était pas délivré par cette retraite : l'Espagnol, maître de LaCapelleetdu Catelet, inquiétait encore; pour le surveiller, l'arrêter au besoin, on munit toutes les places voisines de grosses garnisons; des troupes cam*

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