‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 123 sur 316 · INTERVENTION POLITIQUE · texte numérisé non relu

INTERVENTION POLITIQUE

très-lîumblement Votre Majesté d'agréer que je lui donne cet avîs, pour ce qu*elie m'a fait l'honneur de me dire que le roi n'a pas défendu que ceux qui ont semé les terres en retirent les fruits, et que je sais que s'il plaît à Sa Majesté et à la vôtre de remédier à l'empêchement qu'on leur donne, cela contribnera grandement à persuader au peuple qu'elles lui sont meilleures qu'il ne peut penser. »

Les ravages, on le sait, continuèrent après cette lettre comme auparavant. Cet échec ne découragea pas le zèle de Vincent : le 13 janvier, il partait de Saint-Lazare pour aller (rouver la cour à Saint-G5rmain et essayer encore de son crédit auprès de la reine pour ramener la tranquillité dans Paris et dans le royaume; ne voulant pas toutefois laisser soupçonner sa conduite, il écrivit à Mole une lettre dans laquelle il rassurait que son seul dessein était de travailler à la paix, et que s'il ne l'avait pas vu avant son départ, c'était pour pouvoir affirmer en toute conscience à la reine qu'il n'avait concerté sa démarche et ses paroles avec personne.

Ce voyage, accompli au milieu d'aventures assez périlleuses, à cause des bandes de pillai*ds qui infestaient la banlieue de Paris, ne produisit pas plus d'effet que la lettre de Vincent. Dès lors il crut n'avoir rien de mieux à faire que de visiter les maisons de son ordre dans les diverses provinces, comme un général qui passerait la revue de ses bataillons avant le combat; mais, absent ou vrésent, sa charilé continua à s'exercer, et, bien que sa raalson de Saint-Lazare et que sa ferme d'Orsigny eussent souffert des pillages, il donna presque au delà de ses ressources. Les registres de l'hôtel de ville consl.iient le don de 10 muids de farine fait par les piètres de Saint- Lazare pour les besoins de Paris; plus tard on les voit vondant les blés qui proviennent de leurs rrcolies à 6 livres, lorsque la municipalité les vendait 10. Une lettre

ET CHARITaELE m '.'^tl T I l

nous montre l.s <U:.j^ i: V.-..7.:

Mans, le 4 m'irs 1»;4>. r: îi. :z:-.^ * IL } la Mission, à Ma;-.:!.;- :

« Je vo'Js csn-.i's :r-:r s'"1t''î li :•:«: -r .i. -• étonner d- n'aï:.".- ;ii r?r;i :•* ::•:•■ t'i-i-. : . : ma'gré moi. CjrJ-r r.\-ssc lii i ••:::-..: :;-. >. - . n'avaie.M cé5:r i'-.. ■:.•... .'r § § :•: .;•: * .1 • . sons... Vj 11% iiv : :--•§ -•^r.-.": :•-■ -*-- • •••* blés que n-^as v.: r.* i Or' z } -r i zi •''-..: - -. detouU'S nos re.-t*î ';. i:.-^ -t. x.'i.: :»» : . • • •• nous aobiî-és c-? ■:■.•:;. iJSr? îk .>!.;-*-•- • . : a plus qije sep: :- I. : : zt'z :^. : :- . Le resre a <?!r; e:.'. ■;.: if iir. *•: *• i de sortir quand il l'y iz % : :.» -••• > ; ■ ; en distr.b îe :ois ]•=• ,:-r: :-.•-" 1 .■.*.•• .. •. ■ nous fbî i:r.e L'c-r-sc :.•.:. -ï :: • . : :.»... et qui nous doci^ ii^n:i.i'.-. , . r 1 . . . -. . w.. ..

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t43 APPARITION DE VINCENT DE PAUL

seignés, puisque Tun, Abelly, était un des curés de Paris qui aidèrent Vincent dans ses travaux, et Taulre, Collet, appartient à la congrégation de la Mission) ne constatent celte intervention qu'après la levée du siège de Guise, qui eut lieu le 2 juillet 1650, et comme tout k fait accidentelle. Voici leur récit* :

« Après le siège de Guise par les Espagnols, les deux armées, en se retirant^ laissèrent un très-grand nombre de soldats languissants de faim et malades qui mouraient sur les chemins; la nouvelle s*en répandit à Paris : Vincent fut touché de Tétat pitoyable de ces malheareux, et, aidé de la charitable présidente do Herse, il envoya deux m!»* sionnuircs avec un cheval chargé de vivres, et environ 500 livres eo argent. Arrivés sur les lieux, les missionnaires trouvèrent un si grand nombre de ces pauvres gens couchés le long des haies, qu'après avoir épuisé leurs provisions ils coururent en toute hâte aux villes voisines pour acheter d'autres vivres; mais ils furent bien éto-.nés d*y voiries mt'imos besoins que dans les campagnes, ce qui les obligea d'en écrire promptemont à Vincent pour lui faire savoir que la désolation était générale dans tout le pays, et que les remèdes qu'ils avaient portés n'étaient rien en comparaison de ce qui était nécessaire pour y donner quelque rom^de... A ces nouvelles, Vincent résolut de tout entreprendre pour secourir ses frères. Quelque refroidie que fût la charité par le malheur des temps^ il fit de si grands cfTorts qu'il la ranima et la mit en mouvement. Les dames de la charité, qui, sous sa conduite, étaient prêtes à faire l'impossible, furent les premières à qui il s'adressa, et qurl()iie épuisées qu'elles fussent, soit par les aumônes immenses qu'elles avaient envoyées en Lorraine, soit par la dépense énorme qu'elles faisaient depuis douze ans en faveur des enfants trouvés, elles crurent que, dans une occasion si urgente, ne pas donner des aliments à une multitude que la faim dévorait, c'était en quelque sorte lui donner la mort. Pour ménager leurs ressources, Vincent pria TarchevCcjue de l>aris de recommander aux fidèles les besoins de la Picardie et de la (iliainpagiie; les chaires retentirent des cris et des gémissemcms que poussaient ces deux provinces. Les pi'édicateurs n'avaient pas besoin d'hyperbole, la misère allait bien au delà do leurs exprèsbions. »

1. Ce récit se trouve confirmé par le Journal si exact de LehauU; il parle des Pires <Ie la Mission pour la première fois à l'occasion des maladies qui éclatèrent vers le 15 août 1650.

H DANS L'ASSISTANCE PL1BLIQUE. iwV

^B Ifl maauacrit im'dit de Duliiiisson Aabonay acliéva ^Bilciairer Je débat et doone h prioritt^ à de Serniùros :

^p «tpofeoibrc laso. Jour des TriJpussés. — Grandes aumûnesîo Font W 1 Plrtl pnitr los pauvrsa geua de Cliampagne ruinée par l'ami i^c lÛJ I l'ifdiiitui;. Les dames de Lamoignoii et de Herse, présidentes et uuirwtS L «iMiiciirs de BeniiÈrcSj Lonainj etc., y opéi-ent Jouruellejnent. n ^

^L A la date du 3 Dovembre 1(!50, la part que prend Vin- ^paUde Paul à ce grand œuvre du salul de la Prani-o n'a ^nc aucune noLorJL^liJ; il n'est question que de M. de ^Kvjëi'es, c'est-à-dire de l'njuvre jansénisle et parlû- ^Hnllire; mais c'est la dernière mention que nous ayuns ^■OBtrée : bientôt la petite Ëglise sera abandonnée ^Hnc de ses amis. Une lettre de la mère Angéliqua ^Buai 1652, t. 11, p. 16o) à mademoiselle Lauioigiion, ^KBne autre de Vincent de Pau! (22 mai iOoâ), nous apprennent que la reine de Pologne, celte fille spiriiualle dePorl-Itoyal, après avoir envoyé 12,000 francs à la mère Angélique pour les pauvres des provinces, lui enjoint de s'CBtendre avec M. Vincent pour l'emploi de cette somme el sa rt'parlilion entre les malheureux. Quelques années plus lard, dans un épancliement avec M. Arnauld, la mère Angt:dique (12 mars IC63) se plaint des calomnies .qui 8'atlaquent à eux : le P. d'Anjou, jésuite, avait dit, Bprêchant dans l'église de Saint -Benoit, «qu'il savait "b les aumônes publiques qu'on avait recueillies pour i pauvres de Cliampagne et de Picardie avaient été cmjjéei à enlielenir des gens qui dogmatisaient contre Eglise, » désignant ainsi les religieuses et les solitaiies iPort-Royal. C'élail la première récompense de tout ce rouement. Six années plus tard,'son attachement pour t-Aojal amenait la disgrâce de l'homme dont ia génû- Wse initiative avait peut-être sauvé d'une ruiue corn-

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