‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 139 sur 316 · RÉCONCILIATION · texte numérisé non relu

RÉCONCILIATION

Aussi Mazarin, loin de relâcher les prisonniers, les avait envoyés au Havre pour les mettre à Tabri d'un coup de main. Après la victoire de Rethel, il crut n'avoir plus besoin des ciiefs de la Fronde, qui lui avaient fidèlement maintenu Paris tranquille pendant son expédition de Bordeaux, et refuse à Gondy le prix de Talliance, le chapeau de cardinal tant souhaité. Le Parlement, séduit par l'adresse du Coadjuteur, se ressouvint tardivement de la déclaration d'octobre au sujet de la liberté des individus, et parla sévèrement de la « politique infortunée du ministre, cause de tous les maux *. • De son côté, pour se venger, Mazarin compara, dans l'intimité, le Parlement de Paris au Parlement d'Angleterre, et les principaux frondeurs aux Cromwell et aux Fairfax. Gaston d'OrJéans répondit aigrement à ces insinuations; alors «là reine, violente d'elle-même, dit M. Michelct, et violente de servilité pour son heureux vainqueur, folle de son laurier de Rethel, met, selon ses habitudes, les ongles au nez de Monsieur, qui se sauve éperdu, jurant qu'il ne remettra jamais les pieds "Chez cette furie » (31 janvier I6S1 ).

1. « En comparant les malheurs qui sont arrivés depuis le 18 jau- Tier 1650 avec la conduite précédente des affaires^ il est facile de porter un jngement sur cette politique infortunée, cause de tous nos maux. Depuis ce jour fatal, nous n'avons eu que divisions d'esprit, guerres ci- TÎles et déchet à l'autorité... Votre Parlement a cru que dans une occasion si importante, la postérité lui reprocherait avec justice d'avoir dénié son intercession aux plaintes de deux princes du sang et du gouverneur de Normandie, et de n'avoir pas pris connaissance de leur emprisonnement^ qui semble destiné à être perpétuel et prive la France du secours qu'elle devait espérer et attendre de leurs services et de leur courage... Les pierres qui les renferment sont capables d'élever leurs plaintes si haut qu'elles seront entendues dans toutes les provinces. Si cette détention avait pour motif un secret d'État et un mystère, nous garderiong le silence, mais la lettre de cachet envoyée à toutes les compagnies aa moment de leur emprisonnement ne les accuse que de choses légères, les justifie de toutes sortes de crimes et porte témoignage de leur innocence. 9 Discours du premier président Mole (20 janvier 1661)« Baitati^*

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