RUINE DU BERRI
Châteauroux se débarrassa d'un hôle aussi incommode au prix d'une indemnité de 10,000 livres; à Bourges, le régiment de la reine se présenta pour tenir gnrnisnn. Comme on refusait de le recevoir, il se mit h dévaster toutes les paroisses des environs. La ville l'admit enfin; mais bientôt, sous prétexte d'être mal logé et mal traité, le régiment recommença ses excès, et pour qu'il s'éloignât, il fallut s'engager à lui payer par mois la somme considérable, dans les misérables circonstances où l'on se trouvait, de 11,500 livres, et on eut beaucoup de peine à la réunir. Il fallait aussi fournir aux besoins du parti de Condé : le 18 septembre, M. de Persan vint de .Montrond à Bourges pour se procurer de l'argent, se rentlit à la maison du commis-général des gabelles, prit 18,000 livres qui se trouvaient dans la caisse ; par ses ordres, le grenier à sel fut ouvert, on mit en vente le minot de s 1 à 20 et môme a 16 livres, tandis que le prix ordinaire était au moins de 30 livres.
Cependant la marche du roi inquiétait Conti : pour maintenir plus facilement son autorité, il fit arrêter ceux qui lui faisaient de l'opposition, le maire de Bourges * Claude Bict, et les marquis de Sessac et de La Fayette. Mais enfin il fallut céder, et Conti partit pour Montrond avec M. de Nemours, madame de Longueville et les habitants les plus compromis. Le roi entra à Bourges et alla loger dïins la maison de Jacques Cœur ; pour récompenser les habitants de leur fidélité, Louis leur accorda la remise de l'impôt de 4,503 livres qui servait à la réparation de la grosse tour, qu'il fît démolir : lui-même ô!a la première pierre de sa main, et le peuple, avec cet acharnement qu'on avait déjà remarqué lors de l'ordonnance de Richelieu contre les lieux forliûès à l'ia^<i.v'\&Nix>