LA COUR A POITIERS
eui bientôt dispersé les derniers vestiges de ces 1M|I^ épais, si longtemps l'abri de ses tyrans.
Restait une autre place importante, celle de HonMl Saint-Amand; on chargea Philippe de Clërambid, comte de Palluau, d'en faire le siège. Ce fut encore'ue occasion de courses pour les soldats dans tout le pays:! la famine qui régnait déjà vinrent s'ajouter les brigaidages de la guerre; de Palluau fut obligé de séparer» Iroupes et de les disséminer en divers lieux pour les fain vivre, comme l'indique une de ses lettres *. Alors rccoB' mencérent ces exès que nous avons déjà vus tant de fois, et qui furent si graves qu'ils amenèrent celte fois des ruprésailles de la part des paysans.
Enhardie par ces premiers succès, la coor envoya aa Parlement de Paris des lettres-patentes qui déclaraienf coupables de haute trahison les princes et leurs partisans s'ils n'avaient pas fait leur soumission avant un mois (8 octobre). Puis, la cour se dirigea sur Poitiers, où elle s'établit au commencement de novembre, pendant que le comte d'HarcourL s'avançait vers la Charente, avec quelques milliers de soldats, qu'on avait demandés à l'armée du Nord. Là, en effet, était le véritable danger : il fallait empt^.cher Condé de faire des progrès vers le Centre et d'élendre son théâtre d'action, resserré encore dans le Sud-Ouest. Déjà les La Trémoille et les La Force avaient entraîné une grande partie du Périgord, de J'Angoumois et de la Saintonge ; le comte du Doignon s'était pareillement prononcé pour Condé; l'Espagne promettait àLenet des secours considérables d'argent et d'hommes qu'on devait envoyer en Guienne, en Provence et en Cham-
1.4 février lCo2. Bussy-Rabulin, 1. 1, p. 222; Raynal, Hisf.du Beiri.
pagne; et Condé aTait lirr^ k cLhiiriz *»: h iiv^^-i ùt Talmont comme garaniie en érLfcii^e dm Tï-'^nii**' • i ' o.. Marsin, quittant la Calalogiie aTçr ^^ mt'i.jf i •> - m..:i:>. était venu rej'.indre le I rince en G uieiii^: *^'i i-i:/ 'i. r. dacde Rohan, méc-onienx âe ce qu*- it cou:. ]''iu' ;•'*.-der les États de Bretagne. Jni eût prt*rêv* VenoCtiu* . u"ir le fils venait d epoufer nie riè'.e dit Ml'.z; nr. ♦•:ai: i!!>posé à s'engager d8ri^ le yhr'A dr Conà* . ^t ]i'fj:;.-ii;. ]p"i. à peu les esprits à la guerre civile: ie voisina^, cil '\* pouvait seul anêler ses entrepî-iseF.
L'activité de la cour jan'inl à rviuhUr J»'..;i:î'ib'* : •'!. Périgord, le fils aîné d: La Force, gapijf:'' jur it Uiwnn (.w maréchal de France, rentra dans le pajll l•J^îlii.stt t^t U'"gocia le mariage de sa fille avec Tu renne ; leharoij crLsii>sac, de la maison de La Rochefoucauld, avec mille çout ilshommes de TAngoumois se rendit à Poitiers auprî-s du loi. Harcourt fît lever le siège de Cognac que les fionùeurs, déjà maîtres de Saintes et de Taiilebourg, voulaient é^^alement prendre; la Rochelle et l'Ile de Ré reiitciiewt aussi dans le devoir; Condé lui-même, après avoir de Tonnay-Charenle organisé la défense de cette rivi-Tc, en laissant des garnisons à Saintes et à Tailielx)urg, avail tté contraint de se replier sur la Gironde et la DorJogne.
Les ruines de Saintes peuvent montrer ce qu'on ai)pelait mettre une ville en défense : Chambon, que Cundé avait fait gouverneur de la place, afin de rendre laiiaqu: plus difficile, mit le feu aux faubourgs. Dans ce dv'saslre, les deux monastères des Bénédictines et des sreurs de Sainte-Claire servirent d'asile à toute la population, protégés eux-mêmes par une sauve -garde de Cnndé. Chambon, afin de les éj arguer, avait eu soin d'isoler leurs Lûliments avant de mettre le feu aux fauhouv^ç». Ia ^è^^-
tu RUINE DE L^ADNIS,
Yincc fut aussi éprouvée que sa capitale : les impôts k^ toute nature, les garniions et le passage des gens de guerre ruinèrent tellement ce pelit pays, que dans pli* sieurs localités les habitants furent forcés de déserter leurs foyers, et d'aller chercher ailleurs une exislena moins malheureuse. Lrs petites villes de Tonnay-Boutonne et de ïaillebourg, entre autres, tombèrent dans un état d'épuisement et de solitude dont elle.^ ne se sont jamais relevées *. Ces barbares exécutions hâtèrent la soumission de toutes les villes au sud de la Charente^ dés que dllarcourl se présenta devant elles.
Pressé de tous côtés, Gondé reculait toujours; après avoir fortifié Libourne, Bergerac, après avoir réduit Péilgueux, se sentant trop faible, il voulut resserrer plus étroilement ces liens avec l'Espagne, son suprême espoir, et pour la gagner lui livra Bourg, c'est-à-dire les por» de Boidcaux. La trahison était flagrante ; aussi tout ce qui, dans la ville, a quelque sentiment d'honnt'let) et de patriotisme, s'indigne de ce voisinage de réiranger,le mécontentement éclate; mais le parti des princes, plus fort, chasse de la ville le premier président et tous les conseillers royalistes, et domine par la force et la violence. La conduite de Gondé détermina le roi à lancer une déclaration do lèse-majesté (8 octobre). On allait procélor à l'enregistrement de cet acte, lorsque le duc d'Orléans signale à l'assemblée un danger plus pressant: il savait que • le cardinal avait obtenu un passe-pori pour revenir à Paris; qu'il allait y rentrer au premier
1. Ms. inédit du mon.istère de Sainte- Claire de Saintes, f» 60. Descr'ptim rnnnuscrite de qiieir/iies lieux de Sainionge*, par ringénicur xM.issc; ait. Tonnay- Boutonne et Tailiebourg ; Histoire de Sain» iongey par Maâsioa.