‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 161 sur 316 · DE LÀ SAINTONGE ET DE L'ANGOUMOIS · texte numérisé non relu

DE LÀ SAINTONGE ET DE L'ANGOUMOIS

Jour; que les gouverneurs des frontières étaient ventis le trouver à Dinant. i Le premier pi-ésiJent, de son côté, docile aux ordres de la cour, demande renregisircment de la déclaration, et prononce à ce sujet des paroles que riiistoire doit recueillir, comme la véridique sentence de condamnation de toute celte liante noblesse princiére : « Il e:t triste de voir MM. les princes du sang donner lieu à de telles déclarations ; mais ce malheur n'est que tiop commun et habituel dans ce royaume. Cela est arrivé si souvent depuis cinq ou six siècles, qu'on peut dire qu'ils ont été les fléaux du peuple et les ennemis de la monarchie; » et cent vingt voix contre quarante venaient s'associer à cette flétrissure, en votant renregisircment contre Condé.

Ce langage devait déplaire au duc d'Orléans; aussi, soit pour se venger de Mole, soit pour effrayer le Parlement dans la personne de son chef, il soudoya le lendemain une petite échauffourée. Une quarantaine d'individus se rendirent au Luxembourg, criant contre les impôts et demandant la paix. Le duc d'Orléans leur dit qu'il ne se mêlait plus des affaires; que c'était au premier président garde des sceaux qu'il fallait s'adresser. Les émeutiers se dirigèrent vers l'hôtel de l'intrépide magistral; sans accepter le secours que lui offrait le maréchal de Schomberg, en ce moment chez lui, la grande barbe fait ouvrir la porte à deux battants, et l'aspect de Mole, les menaçant avec le plus grand calme de les faire pendre, sulJtit pour mettre en fuite ces misérables.

Si le Parlement se montrait depuis quelque temps plus respectueux et plus docile aux ordres du roi, il n'avait pourtant pas abjuré ses longs ressentiments contre le cardinal; il faudrait pouvoir copier ici le \ou\:a^l do. \^vi.-

tl6 FUREUR DU PARLEMENT

buisson- Aubenay pour se faire une idée de la fureur, de l'inquiétude des cours souveraines et du peuple à proftt de la marche de Mazarin : on répand les bruits les pin absurdes, qui sont démentis le lendemain, pour faille place à d'autres aussi peu dignes de foi. Chacun des pas de l'ancien ministre est enregistré et commenté : « Il esi entré dans telle ville; Châlons, par les soins de Jacques- Talon, lui a fourni 2,C00 rations de pain pour son infanterie ; il a en outre 1,500 chevaux... De prétendues lettres de xMazarin courent chaque jour les salons et les rues.*. On veut s'en prendre à tout le monde; on songe à saisir comme otages de la conduite du maréchal d'Hocquidcourt, chef de l'armée de Mazarin, l'abbé et les autres fils du maréchal, étudiants au collège de Navarre; mais 'leurs oncles les en ont retirés et mis en sûreté... Un instant aussi la comtesre d'Harcourt, dont le mari commande l'armée du roi en Poitou, est arrêtée et conduite prisonnière à l'hôtel de ville; mais, sur les représentalions du maréchal de l'Hôpital, gouverneur de Paris, Bcaufoit la délivre. Craignant qu'on ne revînt sur cetl« décision, la comtesse s'enfuit de son hôtel et va chercher un asile auprès de Sentis, chez un de ses fils... Une espèce d'émeute d'indignation éclate à la dépêche du gouverneur de Pont-sur- Yonne, disant que, malgré sa résistance, il a été obligé d'ouvrir un passage à l'armée de Mazarin, et que les conseillers du Parlement envoyés conire le cardinal pour lui signifier des arrêts ont été l'un tué, l'autre blessé et fait prisonnier. On voulait, par celte émeute, « faire donner à la chaude » arrêt contre d'Hocquincourt et tous les autres officiers qui servaient Mazarin... Enquête, par des gardes du duc d'Orléans, puis par le conseiller Portail, chez un banquier du quar*

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