‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 163 sur 316 · NÉGOCIATIONS DE MAZARIN · texte numérisé non relu

NÉGOCIATIONS DE MAZARIN

de Condé avnit été pour la cour un heureux prëte\teile rapptîler roxilù; le 17 novembre, Louis XIV lui envoyait raulorisatioQ c de venir au secours du roi. • A cette nouvelle, le Parlement rendit un arrôt contre rancien ministre, et des conseillers furent envoyés en Champagne et eu Picai die pour signifier aux chefs d'armée et aoi gouverneurs des places de ne point livrer passage à Mazarin ni à ses troupes. Mais les foudres impuissants du Parlement ne pouvaient arrêter le cardinal : le 21 décembre, sa petite armée de 0,000 hommes, l'écharpe verte au vent, entrait en France et était parfaitement reçue à Sedan par Fabert.

De Sedan, Mazarin ne trouvait plus devant lui que des gouverneurs et des chefs d'armée qui étaient ses créaturcs, et dont quatre avaient été fails par lui maréchaux de France. D(''jà des pourparlers sérieux étaient engagés avec d'autres chefs mintaiies du premier mérite. La corrcsponLJance de Mazarin et de l'abbé Fouquet nous donne à ce sujet les plus précieux détails sur les relations da carJinal avec Turenne, dés le lendemain même de son entrée en France, le 26 décembre :

« Pour M. do Turenne, il sait rcstime et la tendresse que J'ai eu pour lui... Je snis toujours le inûme, nonobstant tout ce qui s*est passé, raffection que j'avais pour lui ayant jeté de trop profondes racines pour pouvoir ôtrc arrachée par de semblables accidents. J'ai écrit dtjà fortement à la cour pour qu'on trouve moyen de ne pas laisser inutile an boûimc de sa considération, et J'espère qu'il sera satisfait sur ce pointlà... il est injuste de se plaindre de ce que j'ai préféré d'autres à lui pour le comuiandemont des troupes qui m'accompagnent; il peut bieo croire que j'aurais tenu à beaucoup d'honneur et d'avantage qu'il eût voulu venir, ainsi que je l'en aurais conjuré, si j'avais cru qu'il en eiU eu la moindre pensée. J'ai cru que ce serait imprudence de m'adresaar pour une affaire de cette nature à une personne avec qui je n'uvaisea* eoro aucune liaison. Du reste, il voit VèUii où je suis; si ma fortune devient meillcnro, j'ose répondre qu'il s'en ressentira, étant résola de

chercher toates les occasions de îasrB qnelqur chose ôe Bolide peu; jui, €t Tobliger par ce moyen à être de mes amis sans aucnnc- rcsi * *•. . i

« Si mon retour devait produire les maux que croit M. It cj: \ -'."jr, je ne songerai» jamais à renti'cr en France, nlai^ jVsp''if '..j; t —n arrivei'a pas ainsi, et vous lui pour:cz insinuer que h A éiùi \:i.\. 'j'ue ma perte fût inévitable, comme il le peose apparen-Ujeiit, i: l y uvuvorait pas son compte.

Loin de rencontrer des obstacles, l'armée de Mîizarin S3 fortiQail de tous les chefs qu elle rencontraii : La Wriè • Sennclerre*, d'Hocquincour!, de Graucey, de Navailies, de Broglie, de Feuquières, Maiiicainp, elc. A la vue de ces progrés rapides, le 29 décembre, le Parlenituil fulmine le décret le plus fougueux contre Mazarin : ^ Le cardinal et ses adhérents, ayant conirerenu aux déffiic^s du 6 septembre, avaient encouru les peines prononcées contre les criminels de lèse-majesté et les perturbateurs du repos public, il leur sera couru sus par les communes; les maires et échevins des vHIlS s'opposeront à leui* passage; les meubles et la bibliothèque du cardinal seroiil vendus, et, sur le produit de la vente^ une somme de 150,000 livres sera allouée à qui le livrerait mort ou vif.t

1. L*ayance de ce maréchal était proverbiale^ et chaque jour il en donnait les preuves les plus éclatantes : « La ville de Nancy lui oîl'i ait-elle une bourse de jetons d'or où se trouvait Timajje de la ville, le gouverneur demandait qu'on lui fit des jetons plus g^s, aGn de reconaitrc plus aisément Nancy, une si petite empreinte ne pouvant convenir à une si , grande ville. » A son entrée à Metz, la synagogue juive demanda à lui présenter ses hommages : «Je ne veux pas voir ces marauds-lù, dit do La Ferté en colère, ce sont eux qui ont fait mourir mon maître. » On lui représente alors qu^ls apportaient un présent de 4,000 pistoles : « Faitesles entrer, reprend l'avide maréchal; après tout, ils ne le connaissaient pos quand ils l'ont crucifié. » Tous les Mémoires contemporains-v et ?urtout ceux du marquis de Beauveau, parlent de son avarice. U est Juste de dire qu'il rachetait son avidité par sa servilité. Nous avons vu de lui aux Archives une lettre du 7 novembre 165», où U déclare qu'il est et restera jusqu'au dernier soupir le « second des. francs Mazurins, parce ^ue Si Ém. Mazarin eet le premier, m

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