FUREUR EXCESSIVE DU PARLEMENT
Le duc d'Orléans était prié d'employer l'autorité du rd et ta sienne pour l'exéculion de cet arrêt.
La haine du Parlement contre le cardinal rentrataait jusqu'au vertige; que signifiaient ces mots, rautorité do duc d'Orléans, puisque la majorité du roi lui avait enlevé son titre de lieutenant-général? C'était, dès le premier pras, violer la loi constitutive du royaume et presque se déclarer en insurrection. Les autres clauses de l'arrêt outrageaient l'humanité et la civilisation : vendre la bibliothèque du cardinal», ses meubles, sa galerie de tableaux, de tapis, et cela pour payer le prix du meurtre! Que dire encore de cette disposition qui priaiL le roi de pardonner à celui qui prendrait ou tuerait Mazarin, s'il se trouvait précédemment coupable de quelque crime? Hideuse prime au vice et à la férocité que le Parlement eut la honte d'avoir décrétée sans que personne ait cherché à la gagner! Pour se rendre compte de rabcrration de certains esprits, il faut lire le pamplet: Croisade pour la conservation du Roi et du royaume. Paris, 16d2, 7 pages. C'est une des pièces les plus curieuses de la Fronde : cérémonies religieuses, messes, prières, voilà pour gagner Dieu; pour le côté humain, de l'argent, ce nerf de la guerre, caisse de 100,000 écus pour les conjurés, dont 100,000 livres données à l'assassin du cardinal; serment sur la croix et le missel entre les mains d'un prêtre, etc. Rien n'y manque ; et, comme le remarque M. C. Morcaa
1. Un grand nombre de pièces de l'époque parlent de cette vente dft la bibliothèque de Mazarin. Voir principalement : Advis à Isosseiyneun de Parlement sur la vente de la bihliothèque de M. le cardinal, par G. N. P. (Gabriel Naudé de Paris), bibliothécaire de Mazarin; Sentimenti d*un fidèle sujet du roi sur fanét du Parlement du 29 décembre 1651, in-4", 75 pajjes. Le Palais Mazarin, par M. Léon de La lîorde; la Cor^ rexpondance de Mazarin et celle de Fabert sont remplies de-; regrets que causa au ministre la perte de i^a bibliothèque et de ses collectious.
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dans sa Bibliographie des mazarinades^ tout cela est écrit sérieusement et imprimé avec permission! Faut-il alls^i parler du fameux tarif de Marigny. qui semble tro^ être une plaisanterie de bourreau en bonne humeur, et lient autant de Todieux que du ridicule'?
Pour appuyer ces barbares déclarations du Parlement, le duc d'Orléans rappela de l'armée du Xord les régiments qui lui étaient particulièrement soumis, comme duc d'Orléans et comme gouverneur du LangueiJoc. Malgré ces mesures, Mazarin avançait dans l'intérieur du royaume. La colère, mauvaise conseillère, entraîna bientôt le Parlement dans une nouvelle faule : ils accueillirent les lettres du prince de Condé et les appuyèrent auprès de la cour, en demandant que la déclaration de lèse-majesté contre Condé fût suspendue jusqu'à rentière exécution de la déclaration du même jour contre Mazarin (12 janvier 1652). Leur audace est encore augmentée par l'exaspération qui régnait à Paris en voyant le gouvernement songera se saisir de l'argent destiné au payement des rentes pour subvenir aux dépenses de la guerre.
La haine égara également le paili de la cour : voulant
1. Tarif da prix dont on est convenu dans une assemblée de notables^ tenue en présence de MM. les pr*nces, pour récompen&er ceux qui dé« livreront la France du Mazarin, qui a été justement condamné par arrêt du Pariement. Paris, 1652, 15 pages. Un prix différent est décrt^té pour quiconque rapportera un morceau du Mazaiin, tant pour Toreille, taat pour le nez, etc... Marigny, dans une de ses lettres, nous apprend q'je cette folie de mauvais goût fut faite sur la table de S. A. R.' le prince de Condé, un soir qu'elle avait pris médecine, et que S. A. R. y a pris part. Lettres inédites de Marigny^ t. I, p. 242, et sept. 180 J, t. VII. Une autre lettre de Marigny donne un détail encore plus curieux et plus triste au sujet de ce pamphlet : « Le cardinal a pensé enrager du tarif. II le porta au conseil, où il fut lu; ce qui l'embarrasse, c'est que le roi l'a trouvé si plaisant, qu'il le sait par cœur et le répète à toute beure avec M. d'Anjou. » Cabinet historique de M. L. Paris, septembre 18C1»
t. vu.