DESOLATION DU LANGUEDOC
bleau des excès commis par ces soldats indisciplinés el par leurs cbefis, qui leur donnaient l'exemple de tous les désordres.
a Mgr rdvOque de Comminges dit tout ce que les habitants du diocèse de Saint-Papoul ont eu à souffrir des huit compagnies du régiment de Normandie, qui ont, à vive force et par toutes sortes de violences , et de mauvais traitements, extorqué des sommes et des fournitures qui ne leur étaient point dues. A la suite de cette plainte^ le sieur de La* mamye, syndic -giînéral de la province, a dit que les lieux de Yillepintc, Montrée], Fanjcaux, Trèbcs, La Grasse, Villesèqae, La Bastide* Esparrcnques, Villeneuve de Gbavimontj Gessinon, Olonzac, Dagne, Saint-Cliinian , Saint Pons et autres villes de cette province, ont soaffert et souffrent encore à présent^ le logement des gens de guerre, tant do cavalerie que d*infantet-ie, qui ravagent et ruinent lesdites communautés, les contraignent à leur payer des sommes immenses par-dessus ce qui est porté par les règlements du roi, et qui plus est, violent les femmes, tuent les habitants. Le grand vicaire de Saint-Pons a dit aussi que le n^gimcnt de cavalerie de Pardaillan, composé de 4 compugnieSf au lieu d'aller loger à ^zillanct, son étape, aurait, pans ordre, logé par force à Oupian, au diocèse de Saint-Pons, ayant enfoncé une porte dadit lieu, déinuli la maison des lépreux joignant icelle, battu, pillé et saccagé les habitants. »
Les plaintes étaicnl si vives que rassemblée décida que Ton prendrait sur le don do 600,000 livres accordé au roi, les sommes nécessaires au dédommagement des communes qui avaient souffert par le logement des gens de guerre; c'était en quelque sorte forcer radminislration à s'occuper de ces pauvres provinces, à user de son autorité pour réprimer ces violences. Malgré ces mesures, malgré les réclamations les plus vives, ces désordres durèrent jusqu'à la lin de 1654, et ne diminuèrent que sur la déclaration formelle des États, qu'on ne voterait aucune imposition, qu'on n'accorderait le don gratuit de chaque année qu'après le renvoi des troupes.
Voir l'Aependice du chapitre XIII, p. 556.