MADEMOISELLE DE MONTPENSIER
guerre d'escarmouches, de sièges, de combats, (jaî refr plit la période à laquelle nous sommes arrivé : ces taib militaires n'amenèrent aucun résultat sérieux; aimi nous n'indiquerons la marche des armées qu'autant que cela est nécessaire pour apprécier les événements et h situation économique du pays. Hàtons-nous donc de rejoindre du côté d'Orléans Tarmée de la Fronde, commandée par Beaufort et Nemours. Obligée d'arracher de tous côtés des conlributions, 4,000 livres de Montfort- TAmaury, autant de Xogent-le-Roi et de Houdan, malgré la désolation de la contrée ^ elle n'avançait que lentement et n'avait pu arriver à temps pour sauver Angers, d'où l'armée royale, liére de ce succès s'avançait à grandes journées vers Orléans. La possession de cette vj/ie éiait d'un grand prix : l'autorité de Gaston ne pouvait être . méconnue dans le chef- lieu de son apanage princier, sans que son crédit en reçat une mortelle atteinte: dès le 18 mars, il envoya, avec 8,000 livres pour s'assurer le bon vouloir de la populace, le comte de Fiesquc tenir une assemblée générale où l'on devait arrêter que le l'entrée de la ville serait interdite au cardinal Mazarin. La présence du lieutenant ne suffisant ^1 us, on sollicite l'arrivée du duc d'Orléans ou de Mademoiselle, avec le
vent arrangt's pour les besoins de la cause, où les dates, les faits habilement groupés ne servent d'ordinaire qu'à in-hiiro en erreur, surtoat lor^ique les auteurs, comme de Retz et La Uocheiuucauld, sont des artistes en style.
1, Dubuisson, 13 mars 1632. — Ce manuscrit renferme, à la date du 18,1a copie d*une lettre sans signature, mais qui doit être de Mademoiselle; celte lettre prouve que la question d'argent n'ét«it p.i* étranj^ère à la détermination de la princesse de Montpeusier. «J'altend» avec iinpalicncc, comme M. de Fie?que aura été reçu, et ce qui aura âté arrôlé à l'ass •nibiïu; de vilîe qui as>urémcnt s'est tenue à son arrÎYée* Tout mou bleu est quasi aux euviruns d'Orléans; l*oa i'iutérasM 4 moins, »
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-laréclial d'Élampes; Gasion, par les conseils de sa femme llu Coadjuleur, envoie sa iille, qui partit • en haliit loiit couvert d'or, » emportant ponr toute instruction fl'empficlier, quoi qu'il arrivât, les troupes du duc de taser la Loire, pojjr aller, ainsi que te désirait Nemours, Montrond et forlilier Coudé en Guienne.
Cestdans les mémoires de l'époque, et surtout dans de Mademoiselle, qu'il faudrail lire ce curieux épi- : fille hardie d'un père timide, Mademoiselle vouiat lir sa page liéroïque dans cette folle épopée, à côté de Longiieville et de la princesse de Condë. io autre motif la poussait encore : d^jà âgée de 35 ans, lie commençait à se faliguer de sa posilion de vieille lie, et espérait conquérir uu mari à la pointe de son !. Se souvenant du mot d'Anne d'Auiriche au moment de la naissance du roi : t C'est ton petit mari, • elle portait sur Louis XIV ses vues ambitieuses, quoiqu'elle eût onze ■isde plus que le jeune monarque. Elle crut d'une bonne politique de commencer par se montrer une adversaire **doulable, comptant bien ainsi imposer son mariage *^inme une des conditionsdu futur traité de pais; si paff ''^sard le roi échappait à ses filets, restait Condé, dont la ■^Hinie, d'une très-mauvaise santé, se remettait difficilc- **4enl d'une couclie faite à Bordeaux. M. le prince ne trouvait payer l'appui quon lui prûlait qu'en épousanl **hèroïne, si riche d'ailleurs; Mademoiselle avait tionc au loîns chance d'un myri sur deux. Guidée par ces divers tolifs, la grande Mademoiselle avec ses maréchales de ip, les deux comtesses de Fiesque et de Frontenac rates trois en amazones, se présentèrent devant Orléans. Au grand étonnemenl de Mademoiselle, un envoyé ifinl loi dire qu'on ne pouvait la recevoir, l'armée rOjale
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étant trop voisine et 3Iolé parlementant au nom de la cour; qu'on l'introduirait volontiers après le départ du roi. La patience n'était pas dans la nature de la priacesse; d'ailleurs elle se trouvait excitée par une prédiction d'un marquis de Vilcne, qui lui avait annoncé que tout ce qu'elle entreprendrait dti 27 mars au vendredi suivant lui réussirait, et que dans cet intervalle de temps elle ferait des choses extraordinaires. Mademoiselle se dirige vers le quai, où se trouvaient un grand nombre de bateliers; ses discours, ses largesses (loOpisloles), lui gagnent ces hommes : aussitôt à l'œuvre, ils démolissent une porte murée et introduisent la princesse par la brèche * pendant que les magistrats à lliôtel de ville, contents d'avoir la main forcée, s'occupaient à délibérer. L'heureuse aventurière commence sa marche triom.pliale, soutenue sur une chaise de bois par deux porte* faix. Elle éîiiit monlée au faîte de son orgueil, mais un mot de la reine l'en fit descendre : instruite par son valet de chambre La Porte, qui avait tu un entretien avec Mademoiselle, des prétentions de la fille de Gaston à la main de Louis XIV, Anne d'Autriche répondit par une de ces boutades Irivialcs mais énergiques, que lui suggérait la colère : t Oh ! ce n'est pas pour son nez, quoiqu'il soit bien long. »
Si le triomphe de 3Iademoiselle ne dépassa pas Tenceinte d'Orléans, il y fut du moins complet : amenée par son escorte jusqu'à l'hùtel de ville, Mademoisalle se trouva maîtresse absolue dans la ville, à condition de ne pas y introduire de troupes 2,
1. « Pour y parvenir, je songeai à prendre le bon chemin; je grimpa comme un chat; je me prenais aux ronces et aux épines, et je sautai toutes les haies.» Mém. de nvidemoiselle de Montpensier^^àiLChérnéi.
i. On comprend que dans une époque chansonniôre comme la Fronde«