‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 204 sur 316 · DE GOULAS AU DUC B'ORLÉANS · texte numérisé non relu

DE GOULAS AU DUC B'ORLÉANS

parent, et trouyant dans la rue de la Verrerie un grand homme d'apparence accompagné, et ayant nn hausse-col doré, dit exprès: • Voilà grande pilié de laisser périr tant d'honnéles gens que Ton pourrait sauver, s*il y allait au secours seulement une escouade de chacune des compagnies de la colonnelle de ce quartier. » A quoi cet homme à hausse-col, qui sans doute était exprès pour cela, répondit : f Mort-Dieu, il faut que désordre arrive. »

Le vœu de rhomme à hausse-col était plus que satisfait, le désordre n'avait plus de bornes et personne n'était lè pour Tarrôler ; les princes étaient retournés au Luxembourg^ à l'autre extrémité de la ville. Quelques citoyens courageux osent pénétrer jusqu'à eux, leur apprennent ce qui se passe à l'hôtel de ville, et présentent à Gaston le billet que lui adressait son secrétaire Goulas, et dont nous avons retrouvé Voriginal à la bibliothèque impériale. Pour apprécier l'horreur de la situation, il faudrait que le lecteur vît de ses propres yeux ce billet si concis; il comprendrait par cette écriture tremblée, illisible, sur un petit papier chiffonné, où aucune des règles de l'étiquette, si importante à celte époque, n'est observée, il devinerait la terreur qui s'était emparée de tous ces malheureux renfermés dans l'hôtel de ville.

« L*bMiel-de-iriUe est assiégé, on brûle la porte, et tontes les compagnies qui étaient à la garde ont fait leurs décharges dans los fenêtres de la grande salle; tout est perdu sans votre secours, que i^'^^ ) s Iinnnôtes gens de la ville réclament, et je vous assure qu'il n'y a pas u.i moment à perdre. Je sois, avec tout le respect que je vous dois, Monseigneur,

« Votre très-liumble et très-obéissant serviteur,

«GODLAS.

c 1)6 lliAtel-de-Tille, ce 4 juillet 1652.

c A Son Altesse. Roy aie K »

i. Fonds GaignièreS; 362^ t. LXI, f» 841. Bibl. imp., ms«

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