‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 208 sur 316 · CONTRE CONDÉ · texte numérisé non relu

CONTRE CONDÉ

OU huit endroits, toutes les portes des avenues brûlées et consumées, celles des salles toutes rompues ; la figure de Henri IV, qui était à cheval au-dessous de la grande porte, toute gâtée, tant par le feu que par les coups de mousquetades tirés conlre les pierres de Tenceintc du portail de la grande porte; les fenêtres, vitres, volets de la ville, du côté de la Grève principalement, rompus, fracassés et percés; les tableaux de la grande salle et ceux des bureaux et chambre de la reine troués en divers endroits de coups d'arquebuse; la porte de derrière la montée et le hangar du côté de Saint-Jean brûlés. »

Tous les contemporains ont jeté un blâme sévère sur la coniuite des chefs de la Fronde dans cette fatale journée. Voici le jugement qu'en porte l'avocat général Orner Talon dans ses Mémoires :

« Cette action consterna tous les gens de bien de Paris et stupéfia «eux qui y liront réflexion sérieuse; mais la rage, la fureur, la clialeur des esprits étaient si grandes, que non-seulement plusieurs qui ne pouvaient pas approuver raction en rejetaient la faute sur ces députés, lesquels n'avaient pas fait l'union avec les princes, quoiqu'elle ne leur i pas été demandée ; d'autres sur l'arrêt du Parlement qui avait ordoDoé cette assemblée; et ainsi ne youlaient pas blâmer cette action dans toutes ces circonstances, quoique c'ait été la plus farouclie, la plus brutale et la plus sauvage qui ait été faite depuis la mouarcliie, quand elle sera examinée dans toutes ses particularités. »

Mailly lui-même avoue, sous une foule de réticences et d'excuses, que le prince de Condé fut le grand coupable.

« Les paroles prononcées sur la place de Grève, que la mauvaise humoar, sans doute, plutôt qu'un dessein prémédité arracha aux princes^ furent la cause de tout le mal; en un instant elles sont portées d'un bout de la Gr^ve à l'autre, mais dénaturées, mais commentées par toutes les bouclies où elles passent; les émissaires de Condé qui, depuis le matin, s'attendaient à un signal de sa part, ne l'ayant point reçu, croient que c'est pour ce moment qu'on les a destinés, ot sans attendre

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