‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 22 sur 316 · PROCÈS-VERBAUX · texte numérisé non relu

PROCÈS-VERBAUX

faire comprendre la différence entre le dix-septième et le dix-neuvième siècle, M. Rossignol met en regard les désastres de l'ancien régime et la population et le nombre des cotes foncières sous le régime de la société moderne :

i853. PROCÈS-VERBAL DE 1646.

Rom PopoL Cotes fonc.

de la ville.

AozoNNi. 4,634. §46. 618 habitans dont ihH veuves et l&i

paysans réfugiés, 417 maisons dont 120 inhabitées; chemins extrêmement mauvais, beaucoup d'habit ans couchent sur la paille et sur des planchers remplis de blé de Turquie dont ils se nourrissent. Pont en ruine, toutes les rues dépavées, remplies de boue et de fumier; il est quasi impossible d*y passer, l^a commune est endettée de plus de 160,000 livres; en 1636, la peste a enlevé plus de 3,500 habitans ; leur bétail a été enlevé par les Impériaux.

VoiNFONs Sept feux; les habitans n'ont aucun

„** *^ • rôle d'impositions, attendu leur petit

nombre et leur pauvreté extrême ; aussi Tannée passée (16/i/t), les élus, informés de l'état misérable de Poinsons, qui a été brûlé entièrement, les ont-ils déchargés de la taille. Il y avait autrefois quatrevingts maisons avec les granges; l'armée de Gallas s'y étant logée a tout brûlé à son départ; il ne resta qu'une seule maison^ brûlée l'année suivante par la garnison de Clianvircy, qui tua ou fit prisonnière partie de la population^ le surplus se retira dans les bois et y mourut de misère et de famine; pour leur rançon, les pri« sonniers ont été obligés de s'endetter, et ils ne pourront jamais s'acquitter. Ils ont habité dans Téglise, eux, leurs femmes, leurs enfants et le peu de bétail qui leur

DU BAILLIAGE DE DIJO^. tt

f8r)3. PROCÈS- V£BB AL DE 1646

Hom FopbL Gotoi foM.

de la Tille.

roiNsoNs restait; Févèqne d«* Langrcs les en a fait

les 545. sortir, quelques-uns y sont cependant

encore restés, les autres se sont bâti de petites huttes convertis de paille, ou ia sont retirés dans les vieilles caves; la commune doit plus de 8,000 livres, et pour en payer une partie elle a v<?nda une de ses cloches ; ils sont tous les mois obligés de payer 3 livres 15 soit d^i>uis 1636 à la garnison de Saiut-Scin''-sur- Vingeanne; ils n'ont plus de crmmu* naux; le moulin et le four banal étant brûlés, ils sont obligés d*aller avec beaucoup d'incommodité à trois ou quatre lieues; ils n'ont que quelques vaches ci des chèvres.

Sur les denx cent douze villes ou villages que pa<!f?e en revue M. Rossignol, une vingtaine environ sont déclarés par les élus entièrement ruines et sans un seul habitant. H. Rossignol ne s'est occupé que du bailliage de Dijon; -ceux qui voudraient se convaincre qu'il en était à peu près de môme de toute la Bourgogne pourront lire un petit opuscule intitulé : Désastres causés par l'armée de Gallas dans la duché de Bourgogne en 1636, par M. Girault *. Par lassitude de toutes ces horreurs, nous renonçons à en rien extraire. Ce sont toujours les mt-mt* s redites de cruautés; Tauteur finit en disant : • Le souvenir de ces brigandages est encore resté vivant dans le pays; un rassemblement de bandits est qualifié par le peuple de i armée de Gallas, t un mauvais sujet turbulent e^t

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