‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 230 sur 316 · LETTRE DE SAINT VINCENT DE PAUL · texte numérisé non relu

LETTRE DE SAINT VINCENT DE PAUL

Qaelques-uns pourront dire à Y. Em. que ses intérêts particolienni quièrent que le roi ne reçoive pas en gr&ce ce peuple, et ne revienne pai à Paris sans elle, ains^ qu*il faut brouiller les affaires et entretemrla guerre, pour faire voir que ce n'est pas V. Em. qai excite la tempête, ains la malignité des esprits qui ne veulent pas se soumettre à la volonté de leur prince. Je réponds, M'% qu*il n'importe pas tant que le retour de V. Em. soit avant ou après celui du roi, pourvu qu'il soit*, et que le roi rétabli dans Paris, S. M. pourra faire revenir V. Em. qaandû lui plaira, et do cela j'en suis assuré. D'ailleurs^ si tant est que V. £iD.t laquelle regarde principalement le bien du roi, de la reine et de l'État, contribue à la réunion de la maison royale et de Paris, eè à l'obéissance du roi, assurément, Ms^, elle regagnera les esprits, et dans pea de temps elle sera rappelée, et de la bonne sorte, comme j'ai dit; mais tandis que les esprits seront dans la révolte, il est bien à craindre que jamais on ne fera la paix à cette condition, pour ce que c'est en cela la folie populaire^ et que l'expérience fait voir que ceux qui sont blessés de cotte maladie ne guérissent jamais par les mOmes choses par lesquelles les roues do leur esprit ont été faussées. Et s'il est vrai, comn» l'on dit, que V. Em. 3 donné ordre que le roi n'écoute pas MM*" le» princes, qu'il ne leur donne point de passe-ports pour se rendre aoprèi de LL. MM., que l'on n'écoute aucune députation ni représcntatioD, et qu'à cet effet V. Em. a mis auprès du roi et de la reine des étrangers, ses domestiques, qui ferment los avenues de tous côtés pour empêcher qu'on parle à LL. MM., il est fort à craindre, Ms', si cela continue, que l'occasion se perde, et que la haine des peuples se tourne en rage. Au contraire, si V. Em. conseille le roi de venir recevoir los acclamatioua de ce peuple, elle gagnera les cœurs de tous ceux du royaume qui savent bien ce qu'elle peut auprès du roi et de la reine, et chacun tiendra cette grâce de V. Em.

Voilà, Mgr, ce que je prends la hardiesse de vous représenter, dans la confiance qu'elle ne le trouvera pas mauvais, surtout quand elle saura que je n'ai dit à personne du monde qu'à un serviteur de V. Em. que je me donne l'honneur de lui écrire, et que je n'ai aucune communication avec mes anciens amis ^ qui sont dans les sentiments contraires à la volonté du roi ; que je n'ai communiqué la présente h qui que ce soit, et que je vivrai et mourrai dans l'obéissance que je dois à V. Em., à laquelle Notre-Seigneur m'a donné d'une manière particulière. C'est de quoi je Tassure, pour être à jamais, Me^, son très-humble, trèfrobéiasaot et très-fidèle serviteur.

Viif CENT Di Paul,

i. Vieux mot mis pour mais,

% Entre autres le cardinal de Retz, anclea élèye de Yineent ctolteL

NOUVELLES DËPUTATIONS kV ROL 4Sf

Après rétablissement de la nonrelle Ugue royaliste les événements se précipitent : sur la demande d*an échevil), avec l'assentimenidii duc d'Orléans, Bronssel donne sa démission de prévOt, en disant qa'il n'a jamais ambitionné cette charge et qu'on « sait assez comment il Ta acceptée. » Gaston autorise une députation du corps des marchands à se rendre auprès du roi, à Pontoise, pour solliciter son retour; un dos députés, au rapport de la G«zette^ toucha surtout la cour en représentant

« la misère des pauvres malades de rnotr-l-Dieu de Paris, qu*il dit monter à 3,000, lesquels on serait obligé d'abandon oer si Ton ne mettait bientôt fin à cette guerre qui avait fait perdre à cet hôpital la plas grande partie de son revenu. »

Bientôt une nouvelle députation de la milice bourgeoise se rendit à Saint-Germain, où la cour était venue s'éîablirpourse rapprocher encore de Paris, et Beaufortfut • lui-môme obligé de se démettre de sa charge de gouverneur. Le i2octobreJe duc de Lorraine quilta la capitale, et son exemple fut imité deux jours après par Condé.

Il ne restait plus à Paris que le duc d'Orléans; il n'était ni de taille ni d'humeur à disputer au roi rentrée de sa capitale; aussi le roi partit de Saint-Germain le 21 octobre avec Turenne, et, du bois de Boulogne, envoya dire à son oncle de ne pas demeurer dans la ville; celui-ci s'engagea, par écrit, à en partir le lendemain, ce qu'il fit en effet, se retirant à Blois, où il mourut dans robscurité, d'où il n'eût jamais dû sortira La duchesse d'Orléans,

1. C'était bien Mazarin qui, de loin, avait dicté cette dernière mesure; dans une lettre à Tabbé Fouquet, du 12 octobre^ on lit : « Que Son Altesse Royale B*en aille dans son apanage, c*est tout ce que nous sanrions souhaiter, et ce serait un grand malheur sMl demeurait à Paris, gouYcmé par M. le cardinal de Retz, M. de Châteauneuf et autres de cette cabale-là, puisque par ce séjour nous serions exposés aux mêmes nconTénienti «U Ton est tombé par U put^» »

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