‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 234 sur 316 · UR LES ENVIRONS DE PARIS · texte numérisé non relu

UR LES ENVIRONS DE PARIS

t*ii ne s'en contente pas, donnez-loi davantage... S'il y a besoin de faire marché ponr procarer des ?ivres , faites-Je ; écrivez à madame de Herse pour lui demander quelque peu d'argeut ponr aider ces pauvres gens à faire leur vendange... Je vous prie d'écrire toutes les semaines à M. le grand vicaire ou à moi Tétat des choses, et de n'épargner rien pour sauver la vie de ces braves gens. H y aura des personnes de qualité qui, bientôt et souvent, iront pour voir comme vous vous comportez ^. »

Pour centraliser les dons de nature diverse que la bienfaisance envoyait, un homme eut Tidée d'établir deux magasins généraux; on allait avec des chariots de maison en maison recueillir les offrandes. Abelly, le premier historien de saint Vincent, nous a conservé le nom de ce pieux laïque, et nous avons été surpris de ne pas le retrouver dans le plus récent biographe de saint Vincent de Paul, M. l'abbé May nard; il s'appelait Duplessis-Montbard. De longues recherches nous ont permis de trouver quelques détails sur ce bienfaiteur oublié. Christophe Duplessis, baron de Montbard, était conseiller du roi en ses conseils d'Etat et privé; Conrie^ée {Description du duché de Bourgogne) le cite comme un des bienfaiteurs de l'hôpital de Montbard ; en 1662, un Etat au vrai des revenus de l Hôtel- Dieu de Paris nous le montre comme directeur de cet hôpital. On voit, d'nprés ces quelques renseignements, qu'il a dû prendre nécessairement une grande part à tout

i. Cent lettres tirées de la correspondance de saint Vincent de Paul pourraient montrer avec quel discernement il faisait la charité, quelles précautions il prenait pour ne secourir que de véritables indigents, quelle que fût sa confiance dans ceux qui faisaient une recommandation : nous n'en donnerons qu'une empruntée aux belles collections d'autographes de M. Laverdet (catalogue du 31 janvier 1854). «Au frère Jean Parre, à Saint-Quentin, 6 septembre 1659. — M. de La Haye, doyen de iNoyon, a recommandé, pour les secours à distribuer, un pauvre gentilhomme nommé M. de la Sablonnière, disant qu'il a été ruiné par le camp volant établi à Miremont, qui lui a pris ses bestiaux et ses meubles, et dissipé •es blés : «Savoir, pour en informer les Dames de la charité, si cela est « vrai? S*il ne reste rien à ce pauvre gentilhomme pour se remettre ni fi pour subMiter? S'il a des enfants et combien? etc. »

446 xNOUVELLE PUBLICATION SUR LA MISÈRE.

ce mouTement charitable ; c'est donc un nom de plml inscrire dans les annales de la charité, si peu remplies. Les deux magasins étaient situés : Tun dans la maison de M"™* de Bretonvilliers, à la pointe de l'île St-Louis, Irè* commode pour les envois et pour la charge des bateau qui devaient porter les secours du côté de Villeneuve- Saint-Georges^ Lagny, etc. ; 1 autre à ThOtel deMandosse, près riiôtel de Bourgogne, pour tous les lieux voisins de Gonesse.

Il fallait tenir le public au courant du résultat de cette organisation; on le fit par une nouvelle publication :Ie Magasin charitable (27 pages), publiée à la fin de janvier 1653; mais nous n'en avons trouvé qu'un numéro. L'auteur du rapport commence par prévenir le public que l'on n'a pu comprendre dans ce travail toute Tétendae dB diocèse, mais simplement les < lieux entièrement rainés par la guerre, et où l'on a vu des excès de misères, une désolation extrême; » on n'a pas tenu compte non phtf de quelques « stations particulières et passagères, trèsutiles cependant, puisque, dans quelques-unes, plus de 150 malades ou nécessiteux ont été soignés pendant six semaines ou deux mois * par des personnes de piété de l'un et de l'autre sexe.

Une poignée d'bommes, vrai bataillon sacré, animés d'un saint zèle et d'une grande ardeur, vont se répartir dans toutes ces stations; ils appartiennent à différents

1. n y en eut de ce genre une pour Villeneuve le Roî, Orly, Mous, Athis, Ablon,Choisy,Thiais; une autre pour Grosbois,Villecrène,Mauldr9 et Serray; d'«utrea à Fontenay aux Roses, Varennes, Vîllejuif, Maisons, Andrezel; une autre pour Huit-sols; une pour Noisy le Sec et Champs; une à Palaiseau; on assista encore ainsi les pauvres de Doissy le Sec, Laclas,Foutaine, Boissy, Guillerval, Dormay, Morîgny, Champigny, Petit* Saint-MarC; Brières^ ce qui coûtait par semaine un pea plus de 100 écw»

ir LE MAGÂSm CHARITAlILK. 441

:: corps, mais le même chef les dirige, donne les instructions : . cet homme c'est toujours M. Vincent, c La conduite des missionnaires de M.Vincentqui ont beaucoup d'expérience '^ a servi de modèle pour presque toutes les stations, • et sur ce nouveau champ de bataille où la faim, la peste frappent des coups si redoutables et si fréqnenls, plus d'un soldat de cette armée de miséricorde trouvera la mort; quant à nous, nous ne pouvons assez admirer cette chrétienne et patriotique intrépidité d'hommes vivant nuit et jour au milieu des pestiférés et des morts, bravant Tinfectton sous toutes formes pour soulager les dernières an goisses des infortunés.

A Corbeil, on ne trouve plus que six capucins; les autres sont morts ou très-malades. De Corbeil ils s'éten« dent aux villages d'Essonne, de Yillabé, jusqu'à Lonjumeau et Monthléry. — c il y a toujours de 4 à 500 malades, » Le 19 décembre 1652^ il y en avait, d'après une relation très-exacte signée des Pères, 632, et 648 le 22; depuis le IS janvier ils ont un peu diminué ; en outre^ 168 orphelins et 156 nécessiteux, ce qui signifie, disentils, d'extrême nécessité. La station de Lagny est occupée par trois Pères de la Mission, qui gardent encore Ëtampes, où nous avons déjà vu leur admirable dévouement, ainsi qu'à Juvisy le pieux élan des Récollets; de là ils parcourent Viry, Orangis, Grigny, Fleury, etc. A la station de Lagny on compte 180 malades, 89 orphelins, 450 nécessiteux; dans un des villages de cette station, à Chessy, U n'y a plus d'habitants; à Juvisy on compte 150 malades, 70 orphelins, 150 nécessiteux.

A Villeneuve Saint-Georges, ce sont les prêtres du séminaire de Saint-Nicolas qui viennent en aide aux malheureux. Le bulletin de la misère porte 78 malade

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