‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 258 sur 316 · DES GRANDS JOURS DÉS · texte numérisé non relu

DES GRANDS JOURS DÉS

beaujolais, le Lyonnais, la Marche et le Berry ; il semble, :3n lisant tous les actes des Lamothe-Canillac« des Sé- -aegas, que Ton soit revenu aux jours les plus hideux du .:aaoycn âge. Dans ces provinces du Centre, il y eut 273 oontumaces condamnés au gibet, 96 au bannissement, 44 à la décapitation, 32 à la roue, 28 aux galères^ et enclore la galanterie des juges, séduits par les dames auvergnates, en laissa échapper un grand nombre, si bien qu'il m'y eut en réalité qu'un seigneur décapité; mais les témoignages authentiques et les dépositions accablantes dçs populations sur leurs crimes demeurent dans les ar- - ehives de Thistoire. N'est-ce pas encore à la charge de la Fronde, qu'on doit mettre ces habitudes de pillage, de vols, de rapines, sous forme de contributions, ces incendies fréquents, ces violences, ces cruautés gratuites qui déshonorent si souvent les plus belles campagnes des généraux de Louis XIV, comme l'incendie du Palatinat par Turenne, dévastations que Louvois, et quelquefois Louis XIV lui-même, érigèrent en système de guerre» dont ils firent un procédé, une tactique militaire; la correspondance de Louvois le prouve *.

A Paris même, on ne put que bien tard obtenir un peu d'ordre et de sécurité. Les Ordonnances de police (Arch.

t. Qa*on juge si la justice se montra trop rigoureuse : Sénégas, dont noat parlons plus baut^ manqua Véchafnud d'une voix, et fut condamné au bannissement et à la confiscation des biens : il avait fait des levées d'argent à main armée sur des particuliers et même sur des commuoantés, avait empècbé la levée des tailles du roi, imposé des redevances sur des villages, exigé des corvées indues, démoli une église pour fortifier avec les matériaux une de ses maisons, usurpé des dîmes, assassiné trois perifonnes, rançonné d*aùtres individus, enfermé un de ses justiciables durant plusieurs mois dans une armoire humide où il ne pouvait ■e tenir debout ni assis, etc. Ab uno disce omnes,

2. Voir le travail important de M. G. Rousset, Histoire de Louvois,

couroDnu trois fois par i'Acad(3mie (raoçaise^ 4 vol., Didier*

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