‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 263 sur 316 · COMPTE RENDU · texte numérisé non relu

COMPTE RENDU

Grusyi BrenanTille* llontigny, etc. Mais cela n*est rien psrmi ail grand nombre, lequel ne peut attendre que la mort dans cetliiTer,i Dieu ne touche le coeur de ceux qui les peuvent sonlager.

et Conclusion. — Après cela peut-on douter de l'obligation indisp» sable de retraacher ]u9qu*aa nécessaire pour empêcher la mort di pauvre? Y songe qui voudra ! Il n'y aura point de miséricorde pev celui qui ne fera point miséricorde* — S'adresser aux cnréset à m»* dames, etc^

Ce découragement, ces plaintes contre rendurcissement des cœurs se retrouvent partout; le jour de Pâques 1651, le curé de Saint-Sulpice déplore

« Que la charité se ralentisse^ que le démon remporte snr Jén»- Ghrist, puisque les bourses delà plupart des riches sont ouvertes pour le luxe et la vanité et se trouvent fermées pour les pauvres. Il ne fkot point, dit-il, all^r sur les frontières de Picardie et de Champagne pour voir la misère que les Belations nous ont rapportée; elle exista aussi dans les faubourgs de Paris. On a vu dans les quartiers éloignés comme du Chasse-Midi (du Cherche-Midi actuel) on des Incarablcs, enlever des voiries la chair des animaux pour nourrir on ventres affamés, d'autres se servir de son détrempé en eau de moruo dont ils ont vécu assez longtemps, des enfants languir auprès des mamelles sèches de leurs pauvres mères mourantes; des filles dans le dernier péril^ de perdre, faute de pain, ou Tbonneur ou la vie ; des pauvres passer la rigueur du froid sans habits et sans feu, eoacbés sur la terre, ou sous un peu d6 fumier dans des caves ou des greniers découverts ^ 9

Suit un compte rendu des sommes données par les fidèles :

De Pàqnes i651 à Pâques 1652 43,342 liv. 6 sous.

De 1C52 ^ 1653 10^359 13

De 1653 àl6o/i 8,156 I

Total des trois années .... 31 ,858 00

Nous voudrions pouvoir donner ici l'emploi de ces

1. Recueil Thoisy^ Mat, ecclésiast,^ U XXXOi 8« 8érie« p, 186. Biti

DE LA PAROISSB DE SAI\r-SCLPICB, t6t4. 4»

sommes : tonjoars malades, cooTalescenU, enfants abandonnés on orphelins, enfants mis en apprentissage ou envoyés aux écoles, qnelqnes-nns mariés; des pauvres renvoyés dans lenr pays, des lits pour empêcher des malades de coucher par terre et surtout pour éviter l'affreux désordre d'une famille tout entière passant, la nuif dans le môme lit, sans distinction de sexe; (*oar du linge (quoiqu'on ait dépensé pour cet usage dans les trois, an* nées deux mille trois cent soixante-cinq hvres dix bout, plus de trois cents pauvres de tout âge et de tout sexe sont encore sans chemise), un des chapitres les plus curieux de ce budget de la charité, c'est 100 livres dépensées chaque année pour procurer aux malheuieux l'assistance judiciaire gratuite^ avec cela on paye les honoraires d'un procureur qui conseille et assiste les pauvres dans leurs affaires Uligicuses si elles sont justes, et, dit une note, a déjà on a vu des effets considérables de ce secours. •

Uétat au vrai des revenus de l'Hôtel- Dieu pousse les mêmes cris de détresse :

« n est certain, dit ravertissement, qae si la charité abandonne FHôtel-Dieu comme elle a fait depais plasieurs années, il faut que cet bôpital tombe et que les pauvres perdent en sa chute toute Tespérance qui leur reste dans leurs misères Les grandes aumônes qui se faisaient autrefois entre les mains des administrateurs ont cessé, les troncs de THôtel-Dieu ne rapportent plus ce qu'ils rapportaient par le passé ; les donations, les legs ne sont plus que rarement et de sommes

fort médiocres, et les legs universels sont inconnus de sorte que

ces sources étant taries, il faut nécessairement que cette sainte piscine Tienne & sec^ et que nous voyions tomber ce merveilleux ouvrage de la piété de nos pères. On verra par cet état que, quelque économie qu'on y apporte, il s'en faut beaucoup que le revenu de l'Hôtel-Dieu puisse fournir à sa dépense. On verra que depuis 1654 Jusqu'au 1«» décembre itQ'i, V Hôtel-Dieu a consommé de son fonds 1,225,779 livres9sof9. Ce fonds consommé ne rapporte plus de reyenu^ la déçenseau^paenr

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