ET DEUX FOIS REPRISES
reuses populations lorsqu'elles virent cesser ces Relations qui les faisaient vivre; aussi, après neuf mois d'interruption, rOEuvre se trouva forcée de reprendre encore une fois ses publications. Quel tableau lugubre offre cette dernière feuille I
a Relation contenant l'état des pauvres Jusqu'au mois de déceml>rel655n
« Nous avons jnsqu'à présent donné nos Relations au public pour rendre compte de l'emploi des aumOnes et attirer de nouveaux secours; maintenant la face des choses est changée, et chacun s'étant refroidi et ne contribuant plus aux aumOnes comme ils avaient coutume, cette Belation n*est plus que le triste récit des calamités extraordinaires que le malheur de la guerre a attirées, et de la cessation des secours qu'on leur avait donnés depuis 6 années. Nous n'avons plus de paroles pour exprimer les cris et les gémissements de ces pauvres peuples. La charité nous porte à exposer encore une fois aux yeux de tout Paris la grandeur de leurs plaies^ afin de rendre inexcusables ceux qui les auront fermées.
«Laon. •— Depuis la cessation des aumônes, l'on entend que des pleurs et des gémissements de toutes parts..., ceux de Réthel entrent dans le désespoir quand ils viennent chercher le pain qui leur est maintenant refusé ; ils ne trouvent plus de consolation.
« Saint-Quentin. — L'HOtel-Dieu ne pouvant plus recevoir par impuissance tous les pauvres réfugiés, ils sont couchés dans les rues, malades du flux de sang, infectés d'ordures et de vermine, dans une extrême nudité et abandonnés de tout secours, se trouvant peu de personnes qui osent les approcher, tant ils donnent d*horreur par leur puanteur. Un frère de la mission est retourné sur les lieux, a loué une méchante grange, y a fait fait porter au moins 100 de ces pauvres mourants, il les a fait assister selon le peu d'argent qu'on lui envoie. On a fait la visite dans plusieurs villages, où Ton a trouvé des objets dignes de la dernière commisération. Les pauvres n'y habitent plus dans leurs maisons, elles sont démolies ; il ne leur reste que quelques trous où ils se retirent sans pouvoir trouver une botte de paille pour les coucher, tout ayant été consumé par les armées. Il y avait encore dans le Magasin quelque reste de vieux habits dont l'on a revêtu 8S pauvres dans le Grand Fresnay, où Ton a découvert 80 orphelins dans la dernière nudité et dans la famine. On a revêtu ciuelques autres pauvres laboureurs, entièrement ruinés^ dans les villages de fioucourt,