‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 265 sur 316 · PARIS NE PEUT RIEN POUR LES PROVINCES · texte numérisé non relu

PARIS NE PEUT RIEN POUR LES PROVINCES

pas attendre, Sedan ext le seul endroit de la frontière à qui la charité de Paris continue ses aumônes. Elle a été contrainte de les retirer partout ailleurs pour subvenir aux extrêmes besoins de ce diocèse où les armées oQt séjourné longtemps... Avez-vous assez de vos cinq prêtres en ce temps misérable I... »

Jusqu'à la fin, les lettres dé Vincent de Paul auront ce même accent déchirant, puisqu'il est obligé d'avouer son impuissance à secourir les malheureux dont le triste sort déchire son cœur.

A M. Coglée, 6 octobre 1655. — « Les bonrses sont fort resserrées de deçà et la charité refroidie. » — 20 novembre. — Il ne peut envoyer que cinquante livres pour les Annonciades de Stenay qui sont fort pauvres. — 28 octobre 1657, à frère Jean Parre, à Reims. L'assemblée des dames de charité vit hier vos lettres et vos mémoires do Laon et de Reims, elle vous permet de prendre 500 livres et de les tirer sur mademoiselle Viole ; savoir cent soixante-douze livres pour les pauvres eurés, les pauvres et languissants et autres besoins qui sont dans le doyenné de Guise, et trois cent vingt-huit livres pour les pauvres que TOUS trouverez dans la plus grande nécessité dans les lieux où vous passerez. — ik novembre, à M. Cobel, prêtre de la mission à Sedan. — 11 ne peut lui donner de secours... J*ai peine à vous le dire, la charité est fort refroidie à Paris, parce que tout le monde sereBsent des misères publiques; on ne sait à qui s'adresser, en sorte qt/au lieu de 16,000 livres qu'on envoyait autrefois en Picardie et en Champagne par mois, on a peine d'y envoyer 1,000. — 17 novembre, à Jean Parre, à Réthel. — L'assemblée d'hier voyant que les pauvres des environs de Réthel T008 assaillent de tous côtés pour recevoir quelque assistance en leur grande pauvreté, que l'hôpital manque de draps et de linge, vous a ordonné 200 livres pour les distribuer aux plus nécessiteux. »

Les preuves de cette affreuse misère se retrouvent partout, même dans les archives des pays étrangers ; voici une de ces pièces qui se trouvent en grand nombre dans la collection du State paper Office à Londres^ : elles

1. State paper office. Coll. France, vol. CCXXI, reproduit dans les Archives des missions littéraires du ministère de rinstruction publique^ 1. 1^ p. 468.

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