‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 271 sur 316 · RÉVOLTES EN FRANCE · texte numérisé non relu

RÉVOLTES EN FRANCE

qui en 1867 n*ayait coûté que 12 livres 9 sous l'hectolitre^ yalutpou le moins 17 livres, s'éleva à 19 livres 4 sous et dans quelques pro^ioee* au delà encore, ramenèrent promptement la peste qui sous l'ancienrégime monarchique n'était jamais bien loin; elle sévit rigouremer ment depuis le printemps jusqu'à la fin de l'automne ^.

Cette misère amena des mouvements ou des. révoltes: déjà l'historien en rencontre en 165i et i655 dans le Berri, sous Timpulsion d'un couvreur nommé Crochet. Une nouvelle éclate en Sologne (1658), un des pays les plus misérables de la France. Pour vivre, ils sont réduits à imiter leurs oppresseurs, à faire des courses dans les provinces limitrophes ; ils vont jusqu'à trois lieues de Chartres, et, le 5 juin^ les registres capitulaires de celte ville nous parlent

« d'un guetteur chargé de faire le guet nuit et jour pour avertir de l'arrivée des pauvres insurgés : ils étaient au nombre de 7^000 hommes et avaient 500 'chevaux sous la direction d'un officier de l'armée. On char^'ea le vice-bailli de Chartres d'aller réprimer cette rébellion ; mais, trop faible^ il fut obligé de se retirer dans le château de Sully, où les sabotiers de Sologne le tinrent assiégé lui et ses archers, et bouchèrent si bien toutes les avenues qu'il ne pouvait lui venir ni provisions, ni secours. «On dit, ajoute Guy Patin, que ce désordre irait bien loin, s'ils avaient un chef de remarque... Il y a aussi du bruit en Norman-, die *. » Les financiers sont des poux maigres qui s'engraissent de la sub-^iance des pauvres. II y a grand bruit à Orléans : la populace et les faubourgs sont émus, et malgré toute la force de la ville, et nonobstant la présence du duc d'Orléans qui s'en est sauvé, ils ont pillé trois bateaux chargés de sel. On dit que ce mal ira bien loin et s'agrandira fort... le bruit et le désordre continuent dans Orléans, les dernières lettres portent qu'on y a pillé jusqu'à sept bateaux de sel... On recom mence à parler de quelques mouvements de la noblesse en Normandie, Poitou, Saintonge et Bretagne, le-quelles jointes ensemble peuvent faire un parti considérable. »

1. Histoire des pestes et des épidémies^ par le docteur anglais Edw. Bascome, 1851.

2. Histoire de Chartres, par de Lepinois. — Chartres était ellemême accablée d'impôts, dit le même historien. (Lettre de Guy Patio, ISjuin.)

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