‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 273 sur 316 · PLAISIRS ET MŒURS · texte numérisé non relu

PLAISIRS ET MŒURS

Les marchand» tiennent pour certain que abystus abyBâum wwcd (rablmii appelle l'abinae) et que d'autres s'ensuivront *. Guy Patii noftn parle au-?i de grèves des ouvriers en bâtiment : « Les maçons el tels ouvrieri; de bâtiment ont tâché de faire sédition^ laquelle eût M à craindre, tint elle était grande, mais on en a piis prisonniers pu arrêt de Ja cour; on croit que le danger en est passé. »

A Lyon, disent les Documents de M. Pérîcaud, le consulat est obligé, en 1653, de défendre aux ouvriers toute assemblée sous quelque prétexte que ce soit, tant les fréquentes réunions qu'ils tiennent semblent préjudiciables à la tranquillité publique. En mars 1657, la misère est telle que les Ursulines sont sans pain ni vin^ ni moyen d'en avoir. Elles présentent une requête au Parlement de Paris, qui ordonne que chacun des parents de ces religieuses payera chaque année, de six mois en six mois, pendant six années consécutives et par avance, la somme de cent livres pour la nourriture de chacune d'elles.

L'année 1659 ne fut pas plus heureuse ; cet hifcr compte parmi les hivers très-rigoureux : tout le bétail blanc mourut n'ayant, à cause de la neige, pu sortir de la bergerie pendant trois mois. En Brie, en Champagne, en Bourgogne, etc., les vignes et les seigles furent gelés le 24 avril ; Guy Patin conQrme ce détail du journal de Lecourt: « Il n'y eut pas de vin en 1639. » L'hiver de 4660 fut tout aussi dur et le pain très-cher : < La nielle fut si considérable que le pain valut (renie livres le setier^. »

1. Guy Patin, Lettres des 5 juillet, IS août 1658, 8 juin 1660.

2. Mf. Leiîourt opud Bourquelot, Histoire de Provins; Michelin, essais historiques sur le département de Seine-et-Marne. — Où donc se trouvaient alors les éliiovents de ^rosyérité publique autorisant & ''raf pe r e n T honneur àô Loxivft'ÏAN \x\ife xEL<yV»àî\^ v?^^ ^^ \ûssX \ ^utrciôtoat?

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Et cependant, malgré ces souffrances qne nous n'avons ifait qu'esquisser, qu'indiquer en courant, à la cour on ne songeait qu'aux fêtes, aux plaisirs. Le jeune et brillant escadron des nièces de Hazarin était venu encore .augmenter le nombre des héroïnes que la galanterie du roi et des courtisans fêtait à Tenyi : on sait la passion de Louis pour plusieurs des nièces de son ministre et surtout pour Marie Mancini. A Timitation du maitre*toute la noblesse et une partie de la ville se plongeaient sans retenue dans les plaisirs ; comme après toutes les époques de crise, il y eut un moment de folie. Guy Patin nous apprend, à Toccasion de la mort de mademoiselle

£t 'c'est ainsi qu'on écrit l'histoire et qu'on force les monuments et l'airain à transmettre à la postérité la plus éloignée les mensonges de la •flatterie. Heureusement à côté de la fraude on trouve la vérité: dans la collection des gravures de la Fronde, au cabinet des E^tampes, •collection Fontette, que nous avons déjà plusieurs fois ouverte devant nos lecteurs, se trouve une vieille gravure dont l'aspect nous a saisi et profondément ému. Tout fait croire que c'est plutôt une image allégo* rique que la représentation d'un fait réel, dont, à notre connaissance, 'aucun témoignage du temps n'a parlé... le dessin représente un immense déserte nié d'ossements de morts, des débris de tout âge, grands et petits: au milieu, un énorme aoimal efflanqué, que la légende qualifie de hyène; sa langue sanglante pend encore hors de sa gueule; de ses griffes d'acier il entr'ouvre, déchire la poitrine d'une femme morte, comme s'il voulait lui manger le coBur. Les cheveux épars, les mains crispées, les vêlements en désordre de la malheureuse annoncent une longue lutte; mais le vainqueur est là, la patte sur ce corps que la vie semble avoir quitté pour toujours. N'est-ce pas là l'image s»^nsible 'et vraie de ce pauvre pays, qu'un pamphlet de la Fronde a si bien -décrite 7

c Franee, qai n'aa pins rien qaerombre de toi-même, Squelette décharné qui n'a plus que la peau, Cadavre infortuné près d'entrer au tombeau...

Champs jadis si féconds changés en cimetière. »

M. Michelet a bien rendu aussi ce même sentiment : « Un froid mor- «tel ijÛHW..plus jd'lMMnme»^ pas même demQTV%... Vl\i^\^si^ ^^<^\V.^%

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