‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 274 sur 316 · DERNIÈRE INTERVENTION CHARITABLE · texte numérisé non relu

DERNIÈRE INTERVENTION CHARITABLE

de Guerchi^ que les vicaires généraux de Paris Tinrent se plaindre à M. le premier président que, depnis on an, six cents femmes, de compte fait, se sont confessées d'avoir tué et étouffé leur fruits et qu'ils y ont particulièrement pris garde sur l'avis qu'on leur avait donné. On fut obligé de publier à ce sujet des monitoires dans toutes les paroisses ^ d

A la vue de celte misère renaissante, que faisait saint Yincenl de Paul ? Ce vieillard de 83 ans, âge de l'ègoîsme^ de l'amour du repos, croit-il que ses jours sont suffisamment remplis et qu'à son tour il peut goûter le calme ? Non. Sa charité active va encore intervenir. *

.En décembre 1655, par suite du refroidissement (général de la charité, les Relations^ cette publication dolent^ et monotone^ ont dû cesser ; on ne les revoit plus, mais on voit reparaître une seconde édition de V Aumône cArtf- /t>iin^, c motivée, dit la préface, sur les circonstances <.» C'était donc une demande tout à la fois timide et pressante de toute Tautorité des grands docteurs de l'Église qui, par leur insistance, font presque un précepte, un dogme du conseil évangélique. Avec quelle chaleur, quel feu ne doit-il pas solliciter la bienfaisance des Dames de Charité ? Trop tôt, hélas ! dans la dernière assemblée générale de charité (Id juillet 1657), Vincent,

1. Mademoiselle de Guerchi a\ait été séduite par le duc de Vitry,elle se fit aycrter et mourut des suites de cette opération; le curé de Saiot- Ëuslache refusant de lui donner la sépulture, on porta son corps dans Tbôtel de Condé et on le mit dans la chaux vive, afin de le consumer plus tôt et qu*on ne pût constater le crime si on eo venait à une visite. La sage-femme Cunstanlin, complice de cette faute, fut condamnée à être pendue et étranglée après avoir subi la question, et fut exécutée à la croix du Trahoir. Le poète Henaull fit sur cette triste affaire le sonnet connu sous le nom de V Avorton,

2. La bibliolhèqiae Salate-Genevièye possède ces deux éditions.

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j .[ abandonnant son langage d'hamilitë ordinaire, les avait

, Jouées comme après une tâche terminée, et avait exalté ;. cette œuvre de femmes qui soignaient, chauffaient, , habillaient et nourrissaient un royaume entier. < La Providence s'est adressée à quelques dames de Paris ; cela ne vous semble-t-il pas singulier et nouveau ? L'histoire ne dit point que chose semblable soit arrivée aux dames d'Espagne, d'Italie ou de quelque autre pays. » La correspondance de Vincent montre que, malgré le J)on vouloir de ses auxiliaires, leurs ressources sont dimi- Buées, presque épuisées; qu'elles ne peuvent rien. Un des missionnaires songe alors à écrire au roi et demande conseil à son supérieur. La réponse du saint nous a paru curieuse :

« Quoique le roi ait fait espérer quelque aumône, on ne tient pourtant rien, parce que les rois promettent facilement, mais ils oublient {encore plus facilement^ mots effacés, mais* parfaitement lisibles sur l'original) d*accomplir leurs promesses, à moins d'avoir des personnes à leurs pieds qui les en fassent ressouTenir souvent. Or nous n'tn avons pas ici qui aient assez de charité pour les pauvres et de liberté vers Sa Majesté pour leur procurer du bien. Il y a quelques années que madame la duchesse d'Aiguillon n'approche pas la reine pour lui en parler^ et nous ne savons à qui recourir... Le bon Dieu vous veuille bien garder d'écrire à Leurs Majestés pour aucun établissement de missionnaires, ce sérail assez de cela pour leur donner lieu de se moquer de vous et de nous. Ces œuvres ne se font pas en les demandant aux hommes, mais en représentant à Dieu les besoins des pauvres^ aûn qu'il ait agréable d'y remédier. »

Tous ses appuis ordinaires manquant à la fois, Vincent dut probablement songer dans celle détresse publique à la charité publique, et faire en quelque sorte un pendant des premières Relations sous un autre nom. C'est à ce moment, nous le croyons, et non pas en 1652, comme le pense l'abbé Maynard, ni en 1662, comme l'a fait M. P. Clément, qu'il faut placer les placards charitubles que i*»

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