S MÉMOIRE DE FABERT
« N'est'Ce pas un beau dessein que de travailler à Imm après nous les hommes plus heureux que nous ne l'avm
étél »
Le projet de Fabert est mis à répreuve et réussit par^ tout merveilleusement, comme nous l'apprend une lettre du 29 avril 1657.
« Je remets à M. de Termes à parler k Votre Emioence da succès de la visite de M. Téruei dans les Elections do Reims^ de Relhel et de Sainte-Menehoald, de ta nécessité qu*il y a de coutinuer cela dans les autres Elections et lieux non taillables de la Gliampagne, et peut-être dans les autres Généralités du royaume, de la demande que fait legoa- ▼emeur de La Gapelle (Picardie) que le sieur Téniel y aille faire comme il a fait ailleurs. »
Cependant, de son côlé, Fabert poursuit Torganisalion de ses quartiers d'hiver dans la Champagne; il place rélite des garnisons à Rocroy, à Stenay et autres places de la frontière, plus exposées aux attaques des Espagnols ou des troupes de Condé, alors en rébellion ouverte coii' tre le roi, et répartit les cavaliers dans les villages suivant le nombre des habitants, retendue du territoire et les biens des paysans; il oblige ceux-ci de répondre du cavalier et des chevaux, les taxe pour chaque maître k quinze sous par jour pour sa nourriture et celle du cheval, à un lit et place au feu deThôte, mais aussi défend rigoureusement au cavalier de rien exiger de plus. Ces mesures réussirent si bien que, dans la Généralité de Châlons, on ne perdit pas un seul cavalier dans les hivers de 1657 et 1658. Le cardinal enchanté lui demande (mai 1657) d'appliquer son système en Bourgogne et dans d'autres provinces; mais Fabert, qui voulait enfin obtenir son bâton de maréchal, lui répond un mot qui rappelle par la totmeu^^ ç^xc^v^ ç.^\^\st<îi ^^^ \^^\i\i<5k d' krct
POUR UiN CADASTRE EN CHAMPAGNE. 689
c Monseigneur, j'ai conduit les troupes à table, il est juste que je les mène au combat.» Il espérait, après avoir heureusement réussi au siège de Slenay, ôlre chargé du commandement en cher de celui de* Montmédy, qui fut donné au maréchal de La Ferté.
Téruel non plus n'était pas resté oisif: une lettre de Fabert, à la date du 21 mars 1658^ montre au bout d'un an d'importants résultats; mais cependant aussi, on le sent, les obstacles surgissent menaçants de tous côtés. Le découragement perce un peu, et Ton doit prévoir que cette juste répartition des charges ne pourra tenir contre les coalitions des intérêts froissés.
o M. Téruel a fait un travail fort utile pour connaître la force des Elections qu'il vient de visiter. \\ croit que Tan qui vient Ton peut^ en solvant son projet, soulager le peuple de Champagne et augmenter la taille de 300,000 livres, et de 500,000 Tannée 1660 ; mais pour cela, il faut h M. Voysin les choses qu'il a demandées et auxquelles on s'oppose. Je ne sais pas pourquoi, et an sieur Téruel une commission pour connaître la force des villages et en faire rapport à l'Intendant qui demande cela. Si Tonne peut avoir les choses nécessaires à bien servir le roi, je crains que M. Voysin ne demande à retourner chez lui; M. Téruel ne fera pas de même, car il n'a pas de bien ; mais si Voire Emiucnce ne lai donne chose qui vaille autant que les deux charges qu'il a perdues, il tombera sur mes bras, puisqu'il n*a été cassée étant troisième capitaine en tous les deux régiments >, que pour son absence, laquelle j*ai causée, le nommant à Votre Eminence pour Temploi qu'elle lui a donné. »
Comme l'homme de cœur apparaît dans ce tendre intérêt témoigné par Fabert au capitaine Téruel, qui l'a
1. On donnait ainsi un second régiment à un officier pour lui tenir lieu de pension; le même fait se retrouye pour Vauban, qui était à la fois capitaine dans le régiment de La Ferté et dans celui de Nancy. Cette sorte de cumul, si nuisible pour le ser>'ice, était alors fort en usage, et, dix ou douze ans plus tard, lorsque Tœil sévère de Louvois y découvrit le premier un désordre, ce ne fut pas sans causer autour de loi quelque surprise. (/eime««e dt Fatiôan, par H. C RoasieL\
540 MÉMOIRE DE FABBRT
aide dans cet essai de cadactre* Il est bientôt rassuré par une lellre de Mazarin (30 mars 1658) , qui dit de Téruel: 1 C'est un ange du ciel, tant il a de lumières et de bonnes intentions. » Si Mazarin abandonne rétablissement da cadastre, il s'occupera des auteurs, et Fabert n'aura pas à se reprocher d'avoir nui, même involontairement, comme il l'écrit avec amertume et chagrin « à un des rare3 gens de bien et intelligents » qu'il a rencontrés dans cette époque de concussion et de pillage organisé.
lOaTiil 1658... ffJ*ai )>ieu de la joie, Monseigneur^ que le tratailde Téruel ait donné de la satisfaction à Votre Ëminence; c'est un bomne qui a toutes les qualités qu'il faut pour se bien acquitter de ce que Votre Ëminence lui commande de faire. Plût à Dieu en pouvoir donner encore quelques autres à Votre Ëminence capables comme lui; mais^ Monseigneur, il n'est pas bien aisé de trouver des gens de bien et intelligents: je me suis déjà donné l'honneur de vous mander là-dessus ce que je crois que Ton peut faire; mais je n'ai pas dit que je crains que bien des gens ne s'opposent à cet ouvrage. Je rends très-humblement grâce à Votre Ëminence de l'élablissement qu'elle veut avoir la bonté de donner au sieur Téruel; j'avoue que j'ai été sensiblement touché d'&vuir été la cause (le la perle de ses charges, qui étaient tout le bien qu'il avait en ce monde. 11 m'écrit qu'il espère ravoir sa compagnie en Podwitz; mais il servira bien plus utilement aux chuse& auxquelles Votre £mi« nence le destine. »
Téruel fut-il rétabli dans sa position? on peut en douter d'après une lettre de Fabert (25 février 1660J. -
« M. Voysin m'écrit qu'il a ordre de rétablir au régiment de Podwitz un appelé Biei, cassé par le colonel, qui voulait conserver le sieur Téruel par l'esiime qu'il en fait; cependant, Monseigneur, ce vieil et brave soldat s'en va quitter la place a un homm3 de peu, si Votre Ëminence n'a la bouté de l'empêcher. M. de Turenne est fâché qu'il ait qui né l'armée, mais cela a été Votre Emiuence qui le lui a commandé, et c'est moi qui le lui ai proposé pour chose plus utile que ce qu'il y eût fait. Je serais affligé au dernier point si j'élais auteur de son malheur, et je supplie irès-humblement Votre Ëminence de l'empôcher. »
CQiie lettre eslla àeim^x:^ ^ç; ^î;îû^\\.q^'^\i^\\^ vions