‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 295 sur 316 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Désordres dans la g'estîon de la charité hospitalière avant saiat Vincent de Paul.

M. Cochin, dans une intéressante étude sur les hôpitaux', confirme ce que nous avions dit sur les désordres hospifalfèfs avant la réforme de saint Vincent de Paul : « Toute rhisfoire de la charité publique est pleine des plaintes excitées contre les hôpitaux et des efforts tentés pour leur réforme. C'est surtout à la fin du xv* siècle que les désordres éclatèrent : abus dans les admissions et encombrement^ expulsion des malades au profit des paresseux, abus dans la direction et gaspillage^ abus dans le traitement et charlatanisme. H existo un document curieux. C'est l'énergique Remonstrance de messire Jean le Couturier, chapelain de l'Hôlel-Dieu de Gisors, adressée en 1640 au cardinal-archevêque de Lyon, Alphonse de Richelieu, grand aumônier de France, pour la visite et la réforme des hos^

1. Revue dC économie chrétienne, janvier iS63. — Nous profitons de

cette occasion pour remercier M. Aug. Cochin du jugement qu^il a porté

dans ce même arlVcVe axir Ti^Vt-i qw-wsl^^ \ «.\twMl Infiniment curieux.-

II n'a pas clé pubV.è à>.\y\ù^\ov\%\^\£i^^\«v\\^x%.^\i&^\i^^ ^^\s^\s^>

APPENDICE. Ui

pitaux ei hosiels-Dien aux entirons de Paris, et la nécessité de Vamnome à salut, avec Tapprobatioa de la Faculté de Ihéo*

logie :

«C'est, dit-il en son éloquent langage, e'est une vérité ap« prouvée de ceux-là mômes qui ne l'ont Jamais éprouvée, qu'il n'y a toujours que le pauvre foulé.«... 11 est à craindre que trc^ de gens en France ne soient privés du ciel, non-seulement pour n'avoir pas fait l'aumosne, ny logé les pauvres diez eux, mais p<Mir la grande injustice qu'on leur fait en beaucoup de lieux par la mauvaise administcation de leurs affaires. Les bostels-Dieu sont gouvernés par religieuses ou

par prêtres titulaires Les religieuses en quelques maisons

s'en acquittent bien; en d'autres, après la profession qu'elles ont faite de servir les pauvres, se font dames de leurs biens, et pour régner dessus, se retirent bien loin d'eux, aux lieux liants et plus spacieux, à leur aise, leur assignant par jour chacun quelque somme d'argent petite, sans les vi^itfr autrement qu'aux jours de leurs dévotions, ayant des gardiennes qui, comme mercenaires, en ont le soin, et pour elles ac^ complisscnt la meilleure partie de leurs vœux Les chapelains ou prêtres titulaires qui fassent leur devoir sont en

fort petit nombre Les administrateurs ou receveurs nom-

mes par les villes ou communautés, par la négligence des officiers du roi, la plus part ne rendent pas compte, ou par leurs ordonnances font des divertissements des revenus qu'ils savent si bien cacher et cacheter qu'on ne voit pas ces comptes, ou si on les voit, on ne pénètre pas sous l'emploi supposé, qu'ils seraient marris qu'on apperçût s il estait recherché, dont les gens de bien du pays murmurent et puis c'est tout : car qui, à ses dépens, par charité, prendrait ses juges à partie ? En ces lieux est un gardien posé pour assister les pauvres malades avec certaine somme par teste, sur laquelle souvent ces manières de gens qui prennent ces con* ditions pour gagner pratiquent et retraoclient, se soûlent de la faim des affamés, et vivent à leur aise de la mort des malades,, •

« Les maisons des religions sont tantost toutes réFormées, le temps des maiêons-Jkeu est venu : car Vextresme nécessité presse. »

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