‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 40 sur 316 · LE COMMIS AUX AIDES · texte numérisé non relu

LE COMMIS AUX AIDES

d'entraves que la circulation des grains, péages des pont5 et des rivières, droits de travers^ perçus par les villes. Chaque muid avait à payer sur le cours de la Seine environ cent un sous; puis les entraves que mettaient les rivalités des pays dans une société où tout était piivilége; un exemple le fera saisir : les Bordelais avaient la prétention d'interdire dans le Quercy'et la généralité de Hontauban la vente de tout autre vin que le leur, et, pour y arriver, exigeaient sous peine d'amende et do contiscalion que la futaille de ces pays fût beaucoup plus petite que celle du Bordelais, ce qui faisait préférer les grandes futailles, puisqne les droits étaient perçus par tonneau sans distinction de jauge. Ajoutez le personnel de la perception, les commis aux aides, célèbres par leur avidité fiscale; pour juger de leur moralité, il suffira de rappeler que Ton était admis par la cour des aides, c sans aucune information de vie et mœurs » dès que l'on était présenté à la requête des fermiers, et Lesage nous a appris comment Turcaret choisiôsait son agent Thonnète Rafle.

Comme pour les gabelles, tout était permis aux commis, infliger la mort même en cas de résistance; les moindres contraventions étaient punies d'une amende de cent à mille livres, puis le fouet, le bannissement, les galères, la conûscation de partie des biens ^

Il fallait, on Tavouera, dans un étal de choses aussi vicieux, aussi contraire à toutes les saines doctrines d'administration et d'économie, une certaine énergie pour resier dans la classe misérable des producteurs nu lieu de passer dans la classe si commode des mendiants privilégiés; il se trouvait cependant des hommes qui, à

i. Traité générai des droits dPaide, par Ufebm de U Bcllan'ie.

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