‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 53 sur 316 · D£S BARRICADES · texte numérisé non relu

D£S BARRICADES

pins complet el le plus pittoresque de tous ceux que nous UTons lus ; nous regrettons que son étendue ne nous permelte pas de le rapporter ici. Le narrateur ramène à dis proportions bien moins dramatiques le rôle que le coadjuleur s'est complu à se tailler dans ses Hémoires, et nous croyons que Jacques Dubois est dans le yrai. En se rendant au Palais-Royal, Paul de Gondy était sincère et do tonne foi ; il ne devint frondeur que plus tard, pnr dèpil d'avoir été jugé ni utile ni redoutable. Le 20 août, en instance pour le chapeau de cardinal, auprès de la reine qui venait de le nommer coadjutcur de l'archevêché de Paris, de Retz ne voulait que se faire valoir et se donner tout au plus la satisfaction frivole de s'imposera Mazarin; il espérait que reine et ministre allaient solliciter sou secours pour calmer l'émeute en sa qualité de pasteur, se mettre presque à sa discrétion, et récompenser sou puissant appui par le chapeau rouge, objet de son ambition. Un sermon dont il n'a été parlé dans aucune hisloiro de la Fronde, et qu'on trouve quelquefois à la suile tics Wrjnoires de Retz, ne laisse aucun doute sur les disposition s^ de Gondi au moment de l'arrestation de Broussel. L» veille de la journée des Barricades, le 25 août, à l'occasion de la fête de saint Louis, le coadjuteur de Paris prêchait devant le roi, la reine et Mazarin. Quelle plus belle occasion pour faire entendre, avec de sévères vérités, un blâme qu'autorisaient le litre de l'orateur et le lieu d'où il parlait) tout lui était permis. Grâce à rinviolabilité de

constate toujours « les mêmes cris continuels de Vive le roi, qui prouve le contentement que le pauple reçoit à la vue de son prince. » Ce qui n'empêchait pas le roi, quatre jours après, de s'enfuir à Saint-Germain. Cette fuite elle-même est présentée comme uae simple promenade par le journal officieU

02 SERMON DE GONDT

la chaire, Gondy pouvait exhaler tout son mécontentement, adresser une leçon à la reine et au ministre, censurer l'administration, réclamer au nom des peuples opprimés, etc. Jamais tribun n'eût rencontré une circonstance plus opportune; et croit-on que de Retz y eût manqué, s'il eût été en ce moment engagé dans l'opposition faite à la reine et à Mazarin. Loin de là, Gondy ne sait trouver que des éloges c pour la plus grande et la plus vertueuse des reines. » Il exhorte le jeune roi à n'oublier jamais les conseils de sa mère, quMI compare à Blanche de Gastille. S'il touche en passant à l'affliction des peuples par suite des longues guerres, il n'en accuse que c l'opiniâtreté des ennemis. > c La piété de la reine l'eût fait cesser depuis longtemps si le terme dépendait de sa volonté, » etc. N'est-ce pas le langage d'un prélat courtisan qui attend une faveur du pouvoir, et par ses flatteries témoigne de son dévouement absolu ? C'étaient en quelque sorte des arrhes qu'il donnait pour le chapeau de cardinal* tant convoité.

La journée des Barricades, le triomphe de Brousse!, qui, selon la juste remarque de madame de Motteville, t n'avait rien de recommandabie que d'être entêté du bien public et de la haine des impôts, » les symptômes généraux de Topinion tout à fait déclarée pour le Parlement ^ auraient dû convaincre la reine qu'elle pouvait facilement reconquérir sa popularité des premiers jours et arrêter les troubles en donnant satisfaction aux inté-

. -,.., . Lb.37

2. Un trésorier de France de Poitiers, en septembre 1648^ fit une rente pour une messe tous les jours dans la chapelle du Palais de Paris^ Pour la prospérité de ceux qui avaient travaillé pour la réforme de rÉtaU Ms. Bl. Manteaux, 60. Bibi. imp.

Page 1