‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 57 sur 316 · FUITE DE LA COUR A SAINT-GEDMAIN · texte numérisé non relu

FUITE DE LA COUR A SAINT-GEDMAIN

les tempêtes soufflèrent de nouveau : t II semblait que tous les esprils étaient surpris et enivrés de la fumée des vvndanges, et tout présageait des scènes au prix dosi|uolles les passées n'ont été que des verdures et des pastorales, t Mazarin, mianquant d'argent, emprunte à 12 pour 100; le Parlement ordonne une enquête, Gondi fait pnVher contre cette t consécraiion publique de Tusurc, » et Mazarin est déclaré le t juif le plus convaincu qui fûi ou Europe. » Le Parlement menace le ministre d'un arrêt de bannissement; Mazarin ré[)ond en rassemblant liuit mille hommes autour de Paris, rattache à sa cause Gaston et surtout Condé, enlui concédantpouren jouir souverainement les places de Jametz, Dun, Clermont et Sienay, cest-à-Jire une partie de la Lorraine récemment conquise. Telle était la misérable situation du pouvoir : il cédait les laiiibi'anx de la France pour ne pas donner au pays des garanties qui auraient affermi la paix et Tordre, et ruiné pour toujours l'autorité de ces grands qu'il achetait si cher.

Forte de ces appuis, et désireuse de donner une Iceon au Parlement, le 6 janvier 1649,1a reine sortit furtivement de Paris avec ses deux fils, son ministre et louie sa maison, ne s'arrôtant qu'à Saint-Germain, où, faute de préparatifs, elle ne trouva que des chambres délabrées et de la paille pour tout lit. L'espoir de la vengeance lui fait supporter ce dénûment absolu : immédiatounnt les troupes de Flandre reçoivent ordre d'avancer à marches forcées, et le Parlement est relégué à Montai gis, avec menace de voir ledit ordre appuyé par î^5,000 hommes.

Arrêtons-nous un instant, et avant d'exiioser les actes du Parlement, étudions sa situation morale ». Gréé dans

!• Voir sur ce sujet : Beugnot, les préface» des Ohm du Paricnuiat;

fS SITUATION MORALE

l'origine ponr être rauxlliaire et le très-humble servileu (le la royauté, le Parlement avait peu à peu grandi. Si longue existence, de mémorables services rendus au paji dans les circonstances diiQciles, une indépendance énergique et mesurée, le savoir et les vertus solides de set membres, telles étaient les sources auxquelles le Parlement avait puisé l'autorité qu'il exerçait sur les écrits aussi bien que sur les affaires de TËtat Se regardant comme le successeur et le remplaçant des anciens Élati généraux de France, il voulut en jouer le rôle : uni simple formalité législative, la coutume de l'enregistrement des ordonnances royales, qu'il fallait porter à sa connaissance, puisqu'il était destiné à les appliquer, de» vint bientôt entre ses mains un droit puissant. Les fautes de l'administration fournirent au Parlement de fréquentes occasions de résister, par ses remontrances, à toutes lei mesures iniques, avec l'approbation du pays, dont il défendait ainsi les intérêts.

Toujours obligé de céder, il protestait aa nom de la justice, et ses défaites étaient pour lui autant de victoirei dans l'opinion publique. Son rôle, au commencement dei régences de Marie de Médicis et d'Anne d'Autriche, vint encore ajouter à la haute opinion que le Parlement avait de son pouvoir; aussi un des membres les plus sérieux et les plus modérés, le président de Mesmes, n'hésitait

de Baranle, le Parlement et la Fronde; L. de Camé, l*fs Fondateurs dk l'uni té en France (niclielieu et Mazarin); de Rémusat (art. Richeliéli^f dans Crilù/ues et études littéraires; Ciiéruel, Histoire de l'admimM» tration; Institutions de la France, ti Jowmal d'Ormess >n. Noui rtcommandouB le Journal d'Oi^nwsson autant pour les sayantes notât tirécb de tous les documents de l'époque^ inédits pour la plupart^ que pour le texte lui-même, si important au point de "vue du paiti parlement

Page 1