DANS LES PROVINCES. IM
dans ses jours de vanité et d'abandon : c Le temps et moi'. »
Le peuple, comprenant peu l'importance de ce? nouveautés, ne murmurait que faiblement; la noblesse, jah louse de la magistrature, applaudissait à tout ce qui devait abaisser sa rivale. En vain trente magistrats masqués essayèrent, le jeudi gras, d'organiser un soulèvement, Louis de Valois, comte d'Âlais, gouverneur de la province, parvint à maintenir l'ordre. A bout de ressources, on ne recula pas devant un crime. L'avocat de Gue\don, qui s*était mis le premier sur les rangs pour obtenir une des charges créées par le semestre, fut assassiné : on espérait ainsi effrayer ceux qui aspiraient aux nouveaux offices ; mais, comme toujours, le calcul des partis fut trompé» et l'on commit un crime inutile. Les charges trouvèrent des acheteurs, et la cour, fière de ce premier succès, enjoignit aux nouveaux magistrats de continuer leurs fonctions, même pendant le second semestre, de juillet 1648 à janvier 1649 : exaspérés de ce eoup d'autorité, les anciens magistrats levèrent dans le comtat d'Avignon deux mille hommes pour défendre leurs privilèges; la guerre civile allait éclater. L'archevêque d'Arles ménagea un court accommodement entre les deux partis; la moindre étincelle ralluma Tincendie, couvert plut/jt qu'éteint. La mort d'un laquais insolent, qui a refusé de saluer le comte d'Alais, est une occasion de crier : Aux armes f le tocsin se fait entendre, sonné, dit-on, pajr
I. La correspondance dei tra^Unff proore que cet éttiA'w^m^tA {« seoiestre oe douoait Furtoat « une moi^eon agréable d'orj» qu'aux lucx^ eier^j c'était de la paît de Mazarin eDCore plus ooe qae^tioo de pvu^ voir que d'argent. — Cabasse, Histoire du Farlemetd <U Pn^>^»^$ PapoD. Histoire de Provence, etc.
lit TROUBLES EN PROVENCE.
la mëre do président d'Oppùdc ; le chanoine de Gormffli masqué et la pique à la main, comme un sergent-major, range en bataille les plus intrépides; son frère, ravocat général, les harangue, déguisé par nn nez postiche.
Ces précautions des chefs de la révolte anoncent qn'oB hésite à s'engager dans celte terrible yoie de la guerre civile : aussi parvint-on encore à replâtrer une sorte de réconciliation; mais les mesures que chaque parti croit devoir prendre pour sa sûreté ramènent les soupçons, les calomnies et bientôt l'explosion. Les consuls, nommés par lettres patentes au lieu d'ôtre élus au scrutin, suivant les statuts municipaux, sont insultés; Tun d'eux court les plus grands dangers; l'ancien Parlement, se sentant celle fois soutenu, casse le semestre, révoque les consuls. Le comte d'Alais est obligé de licencier ses troupes et de rester dans son palais comme olage, avec cent cinquante gcnlilshommcs de la province; les portes d'Aix sont muréw pour cnipéclicr qu'on n'introduise des troupes étrangères, et une dépulalion se rend à Paris pour demander secours , et proicclion. (Janvier 1649.)
Les dispositions de la Normandie étaient à peu préi semblables : le Parlement était depuis quelques années déjà en lutte avec la cour et avec le gouverneur pour le môme motif que celui de Provence, le semestre. En aoûllGiT, larégcnle, passanten Normandie avec le jeune roi, avait trouvé un accueil si froid qu'après un court séjourà Dieppe, elle avait évité de passer par Rouen, disant avec aigreur « qu'elle ne venait point gauler les pommes de Normandie. » Dès les premiers symplômcs dos mouvements do Paris, les anciens du Parlement de Rouen *
i. Les liistoriens qui se Font occupés de la Fronrie n'ont pnji a<«ez n» l&arqué. à propos des arièls des Paiiemeuls proviaciaux^ quelle était là
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