‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 79 sur 316 · CRUAUTÉS EN BRIE · texte numérisé non relu

CRUAUTÉS EN BRIE

grande pitié pour les pauvres populations que &es armées foulent aux pieds et dont elles font litière.

Les récits que les écrits contemporains font des cruautés des soldats d*ErIach présentent des détails diaboliques: c'est un raffinement de férocité qui n'a plus de nom ; la souffrance est un plaisir peureux; ils semblent chercher, avant tout, une occasion de s'amuser.

« Dans nn Village, ils s'emparont d'une clibvre, la coilTont du bonnet d*une vieille femme qu'ils ont tuée, la mettent dans le lit et vont chei^ cher le curé pour lui administrer les derniers sacrements do r£glû6 catholique. Arrivé près de ranimai, le curé s'aperçoit do rindig:n6 co« médie dans laquelle on veut lui donner un rôlo, et est mis à mort arec toutes sortes de cruautés par suite de son refus. Ailleurs, on dépouilla les malheureux habitants, on attache sur leur dos des chats quo l'on fouette jusqu'à ce qu'ils aient mis en sang le dos do leur pauvre victime. Au bourg de la Tourelle, près de Reims, un malheureux paysan étant parvenu à leur échapper, se réfugie sous le toit de son porc et y reste trois jours sans rien prendre ; survient une bande do soldats qui le découvrent et l'aspliyxient avec quelques bottes de paille. Pour forcer les paysans à découvrir l'endroit où ils ont caché Targcnt que souvent ils ne possèdent pas, on leur brûle la plante dus pieds ou les organes sexuels; des filles de huit et dix ans sont violées sous les yeux de leurs parents attachés. Les vil!c5i sont remplies de malheureux fugitifs qui encombrent les rues et couchent sous les hangars ou Ips auvents avec leurs troupeaux, exposés à toutes les intempéries de la saison; Reims, Corbie, Saint-Quentin, Péronne en regorgent. Les châteaux ne sont pas plus épargnés que lus chaumières; celui de Saint-Lambert, qui appartenait à M. de Joyeuse, est pillé, et tous les habitants sont massacrés, s

La Bric est aussi éprouvée : c'est en frémissant qu'on lit les trente-deux pages de la Lettre du Père Michel, religieux ermilc de Tordre des Camaldules, prés de Grosbois, à monseigneur le duc d'Angoidéme^ leur fondateur, sur les cruautés des Mazarinistes en Bric. Si les faits n'étaient attestés par cent récits dilïéronls qui se contrôlent mutuellement, il serait imposnljle i^c ne pas croire, comme Maiily, t qu'il y a plus que de l'^i^^^tx'^-

Page 1