DETRESSE DE LA COUR. 15S
cherté et disette des blés. » La construction de l'iiôlel de ville, confiée 5 l'arcliitecle Simon Maupin, que Lyon admire comme une de ses gloires, commencée depuis ICiO, s'interrompt ou languit, et rc pout être aclicvée que neuf ans après. Dans le Lyonnais, le Dauphiné, on ne peut recevoir aucune taxe; les habilanls de l'élection de Saini- Ëlienne, a depuis sept ou huit ans, n'ont rien payé, soit en repoussant les forces qu'on envoie contre eux, soit cii abandonnant leurs paroisses et se réfugiant dans le Vivarais et le Yehy, » et l'on craint que ce mauvais exemple ne se glisse jusque dans l'Auvei'gne. (Lettre des trésoriers de Lyon au chancelier, 3 juin 1649.)
Il en serait de même de toutes les provinces, dont l'histoire se ressemble à quelques détails près. La correspondance Séguier signale encore la misère du Languedoc, pour lequel l'évoque de Lotlève intercède; celle de la Bretagne, à laquelle on arrache avec peine 1,700,000 livres. La cour elle-même n'est pas dans une meilleure situation, elle ne vit que des coupes* qu'elle fait dans les forêts de Normandie, de Compiégne et de Guise; bientôt ses ressources s'épuisent, et le 10 juin, Dubuisson reçoit avis de Compiégne que c les tables des commensaux du roi sont à bas, que les pourvoyeurs ont quitté faute d'argent et de crédit qu'ils n'ont pas dans ce pays-là. » Un mois après, la silualion n'a pas changé : t Le 31 juillet, écrit au chancelier un de ses affidés, lorsqu'une dépulation de Paiis vint prier le roi de rentrer dans sa capitale, elle fut très-bien reçue de la reine, qui les régala bien en paroles, mais très-mal à dîner, la nécessité étant telle que nous n'avons pu leur offrir aucune chose, et elle est rcioui néo à Verberle. »