C4 BANQUEROUTE DES RENTES
pays : dès lors il n'y a plus moyen d'acquitter les charges*. Un pareil désordre dans les affaires juslifiail, ou plutôt expliquait la faillile des fermiers des gabelles venant, après plusieurs délais, déclarer qu'ils étaient hors d'état d'exécuicr les conditions de leur bail, et en demander la résiliation. Il fallait donc ajourner encore le payement des renies de l'hôtel de ville, constituées sur ces revenus des gabelles; et déjà depuis un an le gouvernement n'avait rien donné. On avait espéré que le retour du roi allait ramener l'argent dans le (résor, et le jour de l'échéance (19 septembre), on appienait la banqueroute des fermiers. Cet événement, qui intéressait un grand nombre d'habitanls riches et pauvres, dont les rentes formaient toute la fortune, excita dans Paris une grande émotion; on songea même un instant à mettre le feu aux maisons des(è^ miers. Le Parlement prend l'affaire en mains, condamne les fermiers à payer sur-le-champ la moitié du semestre, et leur accorde, vu les pertes réelles qu'ils avaient épronvées, un délai pour l'autre moitié*. Les rentiers, de leur côté, nomment douze synJics, la plupart déterminés frondeurs, pour veiller à l'intérêt commun; ceux-ci choisissent pour patrons les anciens chefs qui n'ont pris aucune part à la paix de Saint-Germain, Beaufort et de Retz. On se réunit à l'hôlel de ville, « cet ancien parloir des bourgeois, » que Mole appelait t une nouvelle chambre des communes, » et l'assemblée monte quelquefois jusqu'à trois mille personnes. De prétendus bruits d'assassinat tenté
1. Registre du conseil d'État ■■-, f. 39 à 1G4. Ms., Arch. imn,
IbUo *
2. Voir sur l'incident des rentes pendant la Fronde un excellent travail '^~ '"^' Leroux de Lincy et Douêt d*Arcq, dans les Registres de l'/ f pendant la Fronde^ t. U, p. 425 à 451.