‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 94 sur 316 · SIÈGE DE SEURRE · texte numérisé non relu

SIÈGE DE SEURRE

effet, le 16 mars, le roi arriva à Dijon et se rendit m camp devant Seurre. En vain Tavannes, pour s'attacher— ses soldats par Texcès même de leur audace, ût-il tirear sur le roi, dont un des offîcierseullebras emporté parua boulet ; les cris de « Vive le Roi ! » poussés dans le camp royaliste, émurent les soldais de la garnison. Tavannes et ses partisans ne se trouvèrent bientôt plus les maîtres dans la place où ils commandaient, les soldats menaçant les ofticiers de se saisir de leurs personnes et de les livrer au roi, s'ils ne faisaient leur paix sur-le-champ. Il faillit enfin céder, et une capitulation, suivie d'une amnistie enregistrée par le Parlement de Dijon, marqua la fin de la première guerre civile en Bourgogne. (9 avril 16S0.)

£n Lorraine le parti des princes n'était pas plus heureux: le chevalier de Larochefoucauld, frère du prince de Marslllac,se laissa surprendre à Damvilliers par l'an* cien gouverneur Bécherolle, qui remit la place au roi^et bientôt Clermont, Jamelz et les autres places de Lorraine cédées à C'ondé firent également leur soumission. Un de^ nier malheur atteignit ce prince en Anjou, dont le gouverneur, le maréchal de Maillé-Brezé, beau-père de Condé, mourait dans son château de Saumur. Il ne restait plus au parti de Condé que Montrond en Berry et Slenay en Lorraine. Sa cause semblait donc désespérée: les Parlements avaient abandonné sa défense; les efforts de la noblesse avaient été infructueux, les peuples ne montraient aucune sympathie.

La cour croyait son coup d'État accepté parce qu'elle avait réglé ses démêlés avec les hommes; elle négligeait ses plus redoutables ennemis, les femmes. Toutes OQ presque toutes furent du parti de Condé : ces cœurs sensibles furent émus de ce malheur, indignés de la trahison

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Là^PROinm PAItlEHENTAlKE ET ARISTOCEATIOfTE. XM

Un ministpe et de TFOgratitude de la nine : ie ticror* le la guerre de Trente ans, le sauYeur de la France, ia .sijiitien de la royauté dans les Xei-s, le lion pris aa pir.'rjt par le renard t Elles sont seules pour remuer la Franire ; mais rien ne les arrête; f à elles seules, dît M. yAduAKl. elles Tont mener la guerre civile, gonremer, inLrijiUf^r. Combattre; les hommes traînent derrière ces nobles) iimazones, menés, dirigés en seconde ou en trâ^it-me lisrne. Que le lecteur ne s'attende donc pas à Lc.'tu: oup Jr^ ^uLce dans les événemenls; la logique est imposàible avec loiu €6s êtres passionnés. »

Ce chassô-croisé de passions, de calculs, mérite r^^r^ndant qu'on s'y arrête un instant, ne serait-ce ({ue poor le flétrir : rien de plus triste et de plus navrant que cet oubli de toute notion de justice^ de morale, d'humanité, rien de plus affligeant que le spectacle de Tégoisme cynique, de la cupidité effrénée, de la frivolité insoucieuse et légère, de toutes les passions de ce monde uniquement occupé de ses intérêts et de ses amours : la reine et déclarée pour le cardinal 3Iazarin ; la duchesse de Cliuvreuse lient pour Châteauneuf ; sa llUe pour le Coa<ijuteur ; Turejine et Conti pour la duchesse de Longue ville ; celle-ci pour Larochefoucauld. Mademoiselle de 31ontpensier veut d'abord, à force d'audace, se faire épouser par Louis XIV, amoureux de la belle Marie Mancini; puis celte même demoiselle de Montpensier s'éprend tardivement de Condé, et le soutient de sa fortune dans ses grands revers. Le maréchal d'Hocquincourt écrit à la duchesse de Montbazon que t pour un seul de ses regards, Péronne sera à la belle des belles, > et plus tard passe aux Espagnols par amour de madame de Cliâlilloi^ (lui prouve son affection à Condé en lui recrutant oour sou

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