‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 93 sur 316 · ROLE DE LA NOBLESSE · texte numérisé non relu

ROLE DE LA NOBLESSE

de Westphalie, elle avait été accueillie avec transpo comme nouvelle épouse du gouverneur.

Des défections cependant se manifestent dès les pre miers jours : le duc de Lorraine, par exemple, montr une grande joie de cette arrestation dans la lettre qu'il écri à mad imc de Chevreuse, son intermédiaire avec la cour € Jamais nouvelle ne put ôtre plus agréable... celte arres

na-

tation va apporter une suite de bien et de repos à tout L^He

monde. » Celle joie, il est vrai, n'était pas tout à fa -At

désintéressée: Charles espérait, à la faveur de cet

prisonnemcnt, reprendre plus facilement les villes doi nées à Condé et peut-être môme ses anciens États, s' avait occasion de rendre des services signalés à la reii et à son ministre. Les Richelieu , à cause desquels 1 princes avaient été arrêtés, ne se montrèrent pas fidèl( La cour, comprenant Timporlance de la position Havre, avait envoyé immédiatement le marquis de Th( mes, ancien ami de la maison de Richelieu, qui sut fai comprendre au jeune duc qu'il n'était qu'un instrume^ ^^ dans la main d'un prince ambitieux et turbulent, duqi»- c' son intérêt et son devoir devaient l'éloigner. En intr'^duisant Condé dans la place, de gouverneur il devenait lieutenant; fidèle, au contraire, il rentrait en grà^c avec sa tante, faisait reconnaître son mariage par 1g roi et obtenait pour la veuve de Pons le rang et les honneurs de duchesse *. Aussi, lorsque madame de LongJ^ville, chassée de Rouen, se présente en suppliante au Havre, trouve-t-elle les portes fermées, sous prétexif

1. Voir au sujet de toute celte curieuse affaire une correspondance inédile qiio nous avons trouvée aux Archives impériales, KK, 1083, f* 171 à 183. Nous rcgreltous de ne pouvoir la douuer ici à cause do^fiOtt étendue; elle Uuil piiraitro uaiia la U.'oue Uji .vo»;.;io'y s.io.t:iie>'»

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no EXPÉDITION EN BOURGOQ-NE.

le fils (le Brousscl fut confirmé dans son gouvernemcn de la Baslillc; le duc de Beaufort et le Coadjuteur furenl^^ dôclaiés innocenls dans l'affaire du coup de fusil contrôle carrosse de Cundé. On confia la place de prévôt de mgrtliands au conseiller Le Fèvre, et la surintendance finances au président de Maisons; Cliûteauneuf rempla le chancelier Séguior, et dix-huit bourgeois choisis par le Parlement furent chargés de la surveillance des fon^^^^s pour les rentes de Thôtel de ville.

Tran(]uilie au sujet de Paris, la cour, en laissant le gouvernement au duc d'Orléans, lieulenant général ^a royaume, partit pour la Bourgogne, où l'arrestation c3es, princes avait été un coup de foudre, et où tout le mor^deétait dans l'allcnte des événements. Si l'évéque de ChâK. on rassurail Mazarin en lui garantissant la fidélité de lap :»^ vince, h l'exception de Seurre; si l'énergique avo ^cat général Millolet élait attaché à son devoir et prêt à l^:^^^^ souffrir plutôt que de faiblir un seul instant, d'un au ^^^ côté, le premier président Bouchu t créature du pricr^<^^ par les bienfaits qu'il en avait reçus, ayant été élevé ^^^ ses bontés d'une condition ijiodiocre à une place si ^O^guste, » et l'intendant Machaut avaient fait armer et ^^P" provisionner le château de Dijon pour fouilroyer la vi^ ^^' qui semblait hostile au prince. L'armée surtout s'è^-^^^ montrée sensible au malheur du vainqueur de Rocroy ' ^ Beauno, dms un J)an(iuet, les oiïiciers du régiment ^^ maniuls de l'crsan m^^lérent leur sang au vin, et jurera ^^» en trtMnpant dans le breuvage la pointe de leurs épées„ "^ mourir pour défendre leur général. Au chûieau de Dije:^"» un des commandants, Comeau, refusait de recevoir i^- °® garnison autre que celle que lui avait confiée le prinC^» Sainl-Mlcault se jetait dans Seurre avec les garuisonf ^^

LA PnONDE EN BCURGOGME.

lilon, do iMcon, et d'ai.trL'S villes qu'il arait CDtnt-

nécs; Tavannos battait la campagne pour embaucher fle nouveaux soldats au parti des princes '. La gtierrc civile illait désoler la mallieureuse Bourgogne, qui était (ti?jà anx abois, si on se souvieol de l'enquête de M. Rossignol. Deux partis sontbit'ii nctiement dessinés: celui des piîncasj appelés les Principions ou Albions, et des royaliste.. nommés en Bourgogne Ffondeurs.conlrairrnienl aaaetis qn'on altacliaitgéuôrali'nienlau mol dans toute la France.

Un instant le parti de la cour, grâce aux eUoils de MilloLel, paraît l'emporter: Vt-rdun et Sainl-Jean de LosDC cliassi;nt la garnison que les amis des princes leur oat imposée; Seurrc essaye d'en faire autant. LesCbam-' tires réunies défendent aux solJats de s'assembler; on empêche l'entrée de Turennc en Bourgogne, et par des garnisons ildèles on s'ojipose à la jonction des rebelles do Bourgogne et de Champagne, Mais le 8 février le marquis de Tavannes, fidèle au roi, est dt'fait au combat d'Arc-sur-Tille par son neveu le comte de Tavannes, lieutenant de ConJê ; el, sans le zélé de Millotet, qui fît prendre les armes aux habitants de Dijon et même aux CR^'es religieux, en leur représentant vivement le sort des Tilles abandonnées aux violences et aux exactions des

œs de guerre, Dijon elle château se déclaraient pour le rainqueur. Celui-ci se vengea de son échec en déiruisaut c village de Longvic où se trouvaient les propriétés de

Q timide allié, le commandant du cbàleau.

1. Hittairflu Parlemenl ilt Bourgogne, de LûciiiEiiiB,elEiirioiit lus Mémoires dt Millolcl, naautctit qui eë Iruuvs à la ilib!lullrique iJe re ; Mimaire des efioses qui ae sont passéei m Bnurle rieiiuU In Mention de Jf. le Prince juat/u'à la toiiquéle de la J^HÊtiUie-Ctmié, ItSO-ieeS; Arob, imp. KK, 1071, letire de l'dvfque ' leChUoQj etc.

i7i LÀ FRONDE EN BOURGOGNE.

Malheureusement la politique cauteleuse de Mazarin vint compromettre ces heureux commencements; des lettres qu'il adressa au président Bouchu et à son frère Tabbé de Citeaux, répandues dans la province, vinrenl décourager les royalistes. Comment en effet s'opposer aux amis de Condé, lorsque Mazarin écrivait aux Bouchu: € qu'il était aussi bon serviteur de M. le prince qu'il§le pouvaient être eux-mêriics, qu'il n'avait nullement contribué à sa prison, qu'elle était un pur effet des volonlés de la reine, auxquelles il s'était opposé autant que pouvait le permettre l'obéissance qu'il lui devait? » Qu'on juge de l'effet d'un pareil désaveu, d'une conduite aussi timide que déloyale! Bientôt les attentats contre les partisans du roi n'eurent plus de limites : ce n'étaient que pillages, incendies, exactions; le désordre arriva à tel point que la cour fut obligée d'envoyer pour gouverneur le duc de Vendôme, qui fit son entrée à Dijon le 16 février*,

1. Un document extrait des registres des délibérations des États de Bourgogne montre quelle était la sécurité dont jouissaient les personnes et les propriétés : « Avril 1650. Sur la requête de sœur Magdeleine Legoux de la Berchère, abbesse de Molaize, ordre de Citeaux, de François Petit, seigneur et prieur de Palleau, et Philippe Lebel, sieur d'Escuelles, les Etats les ont déboutés de la demande par eux faite que le pays les désintéressera de la perte qu'ils ont soufferte à cause (lu siège de Seurre, et ordonnant que très-humbles remoatrancee seront faites au roi de ce que 300 soldats du régiment de I^angaedocet autres se sont saisis des abbayes de Molaize, prieuré de Palleau et château d'Escuelles, où ils ont fait tous actes d'hostilité, pillé et saccagé tout ce qu'ils ont trouvé et môme violé, et sera Sa Majesté suppliée de faire donner arrêt au corps, portant défense à toutes personnes d*acheter dus meubles des soldats ou autres que ceux qui seront vendus par autorité de Justice, et qu'il sera permis de reprendre les ornemeats d'égli?e, meubles, bétail pris par les gens de guerre, en quelque lieu qu'où les puisse reconnaître, snns aucune restitution de prix. » Note communiquée par M. Jeandet (de Verdun). Le rôle important que pendant cette période a joué cette petite ville, comme frontière entre la Bcurj^ogiie et la Fran ^he-Comlé, alors possession espagnole, et surtoai '^omuio adversaire de Sourre, donnera une grande yaleur aux recherches

S.IEGIL UESEURRE, Sesacles, aus^i moiJéivs qu'éniirgiquea, nilablii-enf Liiefl Ul les afTaires du parli royalisle : resUiil Suurre ou BaliS garde, tli'fenilui? par de viL'ux soldais accoutumf'S à vaiD^d 80U3 Condé et commandés par Saint-SticauU et Tavannd La t'iace, quoique mal forlili6e, se coiiliait sur les muid tiouâ de loule espèce que l'Espagne, heureuse de perj tuer nos troubles, lui faisait espérer de la FniDdie-CoraW e( élait devenue le centre de résistance de la Bourgogain t S'il y avail, dit MîlIot(?t, quelque meurtrier ou pr6vèl i crimes ou quelqu'un qui se voulût venger de son inemi, ils se jetaient dans Bollegarde dont h garnison , irsGS courecs. mellait à conlrifmlion les villages cii'con- ^Uins, brûlait les refusants, faisait prisonniers ceux de ijon et de loult's les villes qu'ils trouvaient sur tes grands !iemîns. » Si l'on voulait arrêter la révolte pondant a'elle était encore faible, il fallait venir à bout de Seurre. lillolet et Vendàmc réussirent enfin à décider la cour h irdonner le siège. Une armée s'avança sous les ordres , duc de Vendûme, La garnison, voulant montrer & lel point elle pouîserait la résistance, arbora sur les bRiparls des drapeaux semés de têtes de mort; mais lUe fanfaronnade ne tint pas devant les événements. En

I cet écrîTJtin. Son Histoire de Vcdurt compliilera »-llcureu.-eiu«at notra Iravail fur le sorL de la Bourgngne, i|ue nous pooTODs qu'mclïquer ea coursât. Auierre, Avallnn, Tuniiarre, è l'aulte IrEmiU (lu la BourtEogoe, aoDtlaul sm«i éprouvas que Vettlnn, comme feut te noir dauR rexcelUnts édition de llliitoire d'Auxerre, par bbéLrbiBuf, qu'ont doonés MM. Clislle et Quaatin (1. IV, p. (80 et iiaotei]. M. IJuiinlLn, arcbivisle du déparlenient de l'Yonue, conau rderamarqualle» troisuxd'éruditloa, & liieii voulu «r de» citraili d'un maiiutctit qui lui opparticnt, É/i'ién l'oa trou'ie des délails analogues k ceui qu déjï donnéa sur les rav;iges des geat do guerre k Aute nt9 [lar le réi;Jmeat d'intiinlerie du cardinil Muaciu, en 1650 | ' "* SviDl-lJéran, gauTemeur daBourtiouuais.

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