DÉTRESSE DE L\ COUR
cherté et diselle des bl<'?s. » La construction de l'hôtel de ville, conliée à l'architecte Simon Maupin, que Lyon admire comme une de ses gloires, commencée depuis 1646, s'interrompt ou languit, et ne peut être achevée que neuf ans après. Dans le Lyonnais, le Dauphiné, on ne peut recevoir aucune taxe; les hahilanls de l'élection de Saint- Étienne, et depuis sept ou huit ans, n'ont rien payé, soit en repoussant les forces qu'on envoie contre eux, soit en abandonnant leurs paroisses et se réfugiant dans le Vivarais et le Vehy, » et l'on crain! que ce mauvais exemple ne se glisse jusque dans l'Auvergne. (Lettre des trésoriers de Lyon au chancelier, 3 juin 1649.)
Il en serait de même de toutes les provinces, dont l'histoire se ressemble à quelques détails près. La correspondance Séguier signale encore la misère du Languedoc, pour lequel l'évêque de Lodéve intercède; celle de la Bretagne, à laquelleon ar'-ache avec peine 1,700,000 livres. La cour elle-même n'est pas dans une meilleure situation, elle ne vit que des coupes qu'elle fait dans les forêts de Normandie, de Compiègne et de Guise; bientôt ses ressources s'épuisent, et le 10 juin, Dubuisson reçoit avis de Compiègne que « les tables des commensaux du roi sont à bas, que les pourvoyeurs ont quitté faute d'argent et de crédit qu'ils n'ont pas dans ce pays-là. » Un mois après, la situation n'a pas changé : « Le 31 juillet, écrit au chancelier un de ses affidés, lorsqu'une députation de Paris vint prier le roi de rentrer dans sa capitale, elle fut très-bien reçue de la reine, qui les régala bien en paroles, mais très-mal à dîner, la nécessité étant telle que nous n'avons pu leur offrir aucune chose, et elle est i-eloiirnée à Verberie. »