DÉTRESSE DU LYONNAIS
une ordonnance des consuls engage les chefs d'atelier à ne garder qu'un seul ouvrier, et à renvoyer les autres compagnons et apprentis, sous prétexte qu'ils sont étrangers pour In plupart. Ce vain palliatif n'amène aucun résultat, et comme l'aumônerie générale est impuissante devant tant de maux, les consuls sont obligés de délivrer aux ouvriers malheureux le blé que peuvent porter cinq cents ânes; les maladies, « fièvres continues, malignes et venimeuses, » écrit le médecin Falconet à son ami Guy Patin, se répandent dans la ville, dans les campagnes, et causent une grande mortalité.
Après avoir demandé au chancelier Séguier des délais de trois mois pour le payement des dettes commerciales, les banqueroutes arrivent partout et ajoutent au malaise de la place; le peuple, désespci'é, pille la maison du sieur Perrachon, qui tient les fermes du roi et douane de Valence. « L'émotion est si grande, dit Dubuisson Aubenay (5 avril), qu'on parle de se mettre en république comme à Genève. » Dans une lettre adressée au chancelier, Charrier, président des trésoriers de France à Lyon (7 décembre 1649), et ses collègues refusent positivement d'établir un nouvel impôt de 600,000 livres pour l'étape des gens de guerre, « la levée ne s'en pouvant faire par la surcharge de la généralité; par la pauvreté du peuple, la
four. — Voir aussi Recueil des privilèges de Lyon, par Guill. Barbier,
Lyon, 1649, in-4'', flont l'avertissement renferme des documents Irès-
curieux pour l'histoire commerciale de Lyon; Beaulicu, Histoire de
Vindustrie à Lyon, 1838; Dubuisson Âubenay, Journal des guerres
civiles, surtout la Correspondance du chancelier Séguier, rns., fonds
Saint -Germain, fr. , ; — -i et Notes et documents pour servir a
de 23 a 28
V Histoire de Lyon, par Péricaud aine, dans Y Annuaire du Rhône, 1838
à 1860; Moufaicon, Histoire de Lyon; Cli. Gouraud, Histoire politique
commerciale de la France, 1854.