LA FRONDE EN BOURGOGNE
Malheureusement la politique cauteleuse de Mazarin vint compromettre ces heureux commencements; des lettres qu'il adressa au président Bouchu et à son frère l'abbé de Cîteaux, répandues dans la province, vinrent décourager les royalistes. Comment en effet s'opposer aux amis de Condé, lorsque Mazarin écrivait aux Bouchu : « qu'il était aussi bon serviteur de M. le prince qu'ils le pouvaient être eux-mêmes, qu'il n'avait nullement contribué à sa prison, qu'elle était un pur effet des volontés de la reine, auxquelles il s'était opposé autant que pouvait le permettre l'obéissance qu'il lui devait? » Qu'on juge de l'effet d'un paieil désaveu, d'une conduite aussi timide que déloyale! Bientôt les attentats contre les partisans du roi n'eurent plus de limites : ce n'étaient que pillages, incendies, exactions; le désordre arriva à tel point que la cour fut obligée d'envoyer pour gouverneur le duc de Vendôme, qui fit son entrée à Dijon le 16 février'.
1. Un document extrait des registres des délibérations des Etats de Bourgogne montre quelle était la sécurité dont jouissaient les personnes et les propriétés : « Avril 1650. Sur la requête de sœur Magdeleine Legoux de la Berclière, abbesse de Molaize, ordre de Clteaux, de l-"rançois Petit, seigneur et prieur de Palleau, et Philippe Lebel, sieur d'Escuelles, les États les ont déboutés de la demande par eux faite que le pays les désintéressera de la perte qu'ils ont soufferte à cause du siège de Seurre, et ordonnant que très-humbles remontrances seront faites au roi de ce que 300 soldats du régiment de Languedoc et autres se sont saisis des abbayes de Molaize, prieuré de Palleau et château d'Escuelles, où ils ont fait tous actes d'hostilité, pillé et saccagé tout ce qu'ils ont trouvé et même violé, et sera Sa Majesté suppliée de faire donner arrêt au corps, perlant défense à toutes personnes d'acheter des meubles des soldats ou autres que ceux qui seront vendus par autorité de justice, et qu'il sera permis de reprendre les ornements d'église, meubles, bétail ptis par les gens de guerre, en quelque lieu qu'on les puisse reconnaître, s^ns aucune restitution de prix. » Note communiquée par M. Jeandet (de Verdun). Le rôle important que pendant cette période a joué cette petite ville, comme frontière entre la Bourgogne et la P'ranche-Comté, alors possession espagnole, et surtout comme adversaire de Seurre, donnera une grande valeur aux recherches