LA FRONDE EN BOURGOGNE
Cliàlon, de Mâcon, et d'autres villes qu'il avait entraînées; Tavannes battait la campagne pour embaucher de nouveaux soldats au parti des princes ^ La guerre civile allait désoler la malheureuse Bourgogne, qui était déjà aux abois, si on se souvient de l'enquête de M. Rossignol. Deux partis sont bien nettement dessinés : celui des princes, appelés les Principions ou Albions, et des royalistes, nommés en Bourgogne Frondeurs, contrairement au sens qu'on attachait généralement au mot dans toute la France. Un instant le parti de la cour, grâce aux efforts de Millotet, paraît l'emporter : Verdun et Saint-Jean de Losne chassent la garnison que les amis des princes leur ont imposée; Seurre essaye d'en faire autant. Les Chambres réunies défendent aux soldats de s'assen'bler; on empêche l'entrée de Turenne en Bourgogne , et par des garnisons fidèles on s'oppose à la jonction des rebelles de Bourgogne et de Champagne. Mais le 8 février le marquis de Tavannes, fidèle au roi, est défait au combat d'Arc-sur-Tille par son neveu le comte de Tavannes, lieutenant de Condé, et sans le zèle de Millotet, qui fil prendre les armes aux habitants de Dijon et même aux ordres religieux, en leur représentant vivement le sort des villes abandonnées aux violences et aux exactions des gens de guerre, Dijon et le château se déclaraient pour le vainqueur; celui-ci se vengea de son échec en détruisant le village de Longvic où se trouvaient les propriétés de son timide allié, le commandant du château.
1. Histoire du Parlement de Bourgogne, de Lacuisine, et surtout les Mémoires de Millotet, manuscrit qui se trouve à la Bibliothèque de Dijon, sous ce titre : Mémoire des choses qui se sont passées en Bourgogne depuis la détention de M. le Prince ju' qu'à la conquête de la Franche-Comié, I60O-I668; Arch. imp. KK, 1071, lettre de l'évêque de Chàlon, etc.