LA FRONDE PARLEMENTAIRE ET ARISTOCRATIQUE
parti (l'abord Nemours, et plus tard en salariant des des traîtres ou des assassins. M. de Longueville est l'esclave de cette même duchesse de Montbazon, qui sera aussi courtisée de près par le duc de Lorraine en même temps que mademoiselle de Montpensier *. Liaisons honteuses et immorales, vanités de cœur, cupidités insatiables, haines privées, préoccupations personnelles, ambitions ardentes, voilà les seuls mobiles de cette seconde Fronde, qui abjure toute préoccupation du bien public, et ne songe môme plus à couvrir ses intrigues du voile de l'intérêt général. Comme l'a bien remarqué le savant éditeur des Mazarinades, la Fronde nobiliaire est bien au-dessous de la Fronde parlementaire : elle se personnifie dans un petit nombre d'hommes et de femmes qui ne pouvaient se l'assimiler que pour en faire une intrigue obscure et un imbroglio complexe ; elle va entièrement à la dérive, c'est une folle et douloureuse équipée qui retarda de douze années les heureux fruits de la paix de Westphalie et faillit ruiner à tout jamais la malheureuse France. Cette Fronde se résume en trois mots : grands noms, petits intérêts et souffrances immenses !
1. Nous ne parlons pas ici des passions éprouvées pour des personnages de second ordre; parjexemple, pour madame de Gourville et mademoiselle Gerbier, que tout le monde courtisa cliez le duc de Bouillon, dans la vicomte de Turenne; la belle Nanon de Lartigues, aimée du duc d'Épernon, etc., etc. Cependant ces passions eurent souvent une grande influence sur les événements. On sait que plus tard, lors des conférences pour la paix des Pyrénées, Mazarin se plaignait amèrement de cette intervention des femmes dans les affaires de l'État comme de son plus grand souci. Que dire des femmes de la Fronde après ce mot de la fille de madame de Montausier à madame de Rambouillet : « Grand'mère, maintenant que je suis grande et que fui cinq ans, parlons donc un peu des affaires d'Etat? »