DISPOSITIONS DE LA NOBLESSE
Montrond, où arrivait une partie des officiers et des soldats de Bellegarde ; les autres allaient à Stenay ou vers les ducs de Bouillon et de Laiochefoucauld, qui n'attendaient que le signal pour commencer la guerre civile.
La noblesse, plus nombreuse dans le Midi que dans le Nord, et plus éloignée de la cour, y avait mieux conservé sa puissance : en Limousin, la vicomte de Turenne comprenait plusieurs villes et quatre cents villages, habités par des paysans exercés aux armes chaque dimanche et pouvant fournir cinq mille bons soldats; en Périgord, le maréchal de La Force n'avait besoin que d'un peu d'argent pour lever six mille hommes de bonnes troupes, et peut-être entraîner le p.irti protestant, dont il avait été autrefois le chef. Deux mille gentilshommes s'étaient trouvés en Angoumois à l'enterrement du vieux duc de La Rochefoucauld, et avaient reconnu pour leur chef son fils, le prince de Marsillac, et, 3ous sa conduite, marché contre Saumur, où ils avaient été prévenus, il est vrai, par Guitaut, le nouveau gouverneur envoyé par Anne d'Autriche. En Poitou, La Trémoille pouvait offrir l'autorité de son nom et la place de Taillebourg; on espérait, en outre, le concours de Saint-Simon, gouverneur de Blaye, place importante par son voisinage de Bordeaux, et même celui de du Doignon, lieutenant d'Épernon, maître du Brouage et de La Rochelle, mais qui devait son élévation aux Maillé-Brezé.
Lenet cependant était trop prudent pour se laisser prendre à cet étalage de forces : il savait que la noblesse avait peu d'argent et peu de crédit parce qu'elle payait rarement ses dettes; que, par conséquenf, le désordre se mettrait bientôt dans cette armée sans magasins ni ressources sérieuses; que s'en procurer aux dépens du