‹ La Misère au temps de la Fronde et saint Vincent de Paul (volume 3)Chapitre 141 sur 420 · EN SYSTÈME PAR MAZARIN · texte numérisé non relu

EN SYSTÈME PAR MAZARIN

binaisoii est dû à Son Eminence, qui en est Vauteur *. » Une telle conduite explique les défiances que Ton voit éclater dans presque toutes les villes de ces malheureuses provinces : à Fismes, les habitants, refusant de recevoir le maréchal d'Hocquincourt, pressé par l'ennemi, causèrent la délaite de son corps d'armée; à Reims, après avoir refusé l'entrée aux troupes de Senneterre, on ne voulut recevoir que les bagages des soldats de Praslin et de Rosen. On leur déclara que s'ils étaient trop sçrrés par les Espagnols, ils pourraient entrer à l'extrémité, qu'ils ne logeraient pas chez les bourgeois, qu'ils camperaient dans les grandes rues, dans les places publiques et le jardin de l'abbaye de Saint-Remy. La nuit suivante, les troupes de Praslin, feignant répou\ante, entrèrent par la porte de Vesie : à peine introduits, ils oublient les convention?, pénètrent dans les maisons; il fallut la ferme contenance de Rémois, qui tendirent leurs chaînes e( menacèrent de les traitei- en ennemis, et surtout le petit nombre des soldats, pour que l'ordre se rétablît.

Le surlendemain Rose enire aussi avec 1,200 hommes : lis avaient plus de 4,000 chevaux « pris la plupart sur les paysans; » on les campa dans les jardins et les prés d'entre les deux rivières qui passent dans le faubourg, et cet espace foulé aux pieds des chevaux apporta un dommage considérable.^

Rien de plus curieux que de lire dans notre chroniqueur les rapports qu'avaient entre elles ces deux classes si diiïérenles d'un même peuple : ainsi, dans toute la France, vivaient à côté l'un de l'autre le peuple et l'armée, se surveillant, s'èpiant comme des ennemis en pré-

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