‹ La Misère au temps de la Fronde et saint Vincent de Paul (volume 3)Chapitre 149 sur 420 · RAPPELLE SAINT SÉVERIN · texte numérisé non relu

RAPPELLE SAINT SÉVERIN

(les invectives intolérantes ou sanguinaires , la chaire était muelte. Si Ton en excepte quelques hommes qui, comme de Besse, Valladier, les PP. Cotton et Coëfleteau et surtout Fenoillet, avaient conservé les traditions de l'éloquence saci'ée, la parole évangéliquc ne gardait plus aucune réserve, aucune dignité. A moins d'une réforme sérieuse, d'une Renaissance religieuse^ le catholicisme semblait condamné à perdre les avantages d'une victoii'e si chèrement achetée.

Gomment retrouver les mœurs, les lumières, la charité qui lui manquaient? Un triple mouvement se fait remai-quer à la fois dans le christianisme.; il répond à ce triple besoin, comme l'a justement remarqué M. Rocseeuw Saint-Hilaire. Il éclate de tous cotés, tant la lutte a retrempé les cœurs et les esprits amollis par une longue possession d'influence et d'autorité ! des ouvrieis nombreux étaient là, prêts à se mettre à l'ouvrage, n'attendant que des chefs pour les conduire.

L'esprit régénérateur se manifesta d'abord par un élan de mysticisme avec saint François de Sales, l'auteur de l'Introduction à la vie dévote, ce livre plein de tendresse et de passion, composé pour une dame de Paris, madame de Channoisy, cachée sous lenomdePhilothée. Le but de l'auteur était de ramener la dévotion dans le monde. C'était une sorte d'Imilalion pour les mondains. Le Traité de Vamour de Dieu compléta cette œuvre de la direction des âmes. Le mariage mystique avec madame de Chantai produisit la Congrégation de la Visitation, asile ouvert par l'évêque de Genève aux faibles et aux délicates, aux âmes aimantes qu'on repoussait des autres ordres. Ami de madame Acarie, (sœur Marie de l'Incarnation), réformatrice des Carmélites, et de la mère Angélique

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