‹ La Misère au temps de la Fronde et saint Vincent de Paul (volume 3)Chapitre 15 sur 420 · RICHELIEU ET LA MAISON D'AUTRICHE · texte numérisé non relu

RICHELIEU ET LA MAISON D'AUTRICHE

régence de Marie de Médicis, qui ne fui qu'une longue rivalité de favoris (Concini, Baradas, de Luynes, etc.), reparaissent les désordres: l'ambition des grands, que le supplice de Biron avait un peu calmée, se donne de nouveau carrière, et avec elle tous les maux se déchaînent sur les provinces désolées. Si l'administration ferme et impitoyable de Richelieu arrêta les progrès de cette féodalité renaissante, les impôts et la guerre achevèrent de creuser l'abîme où on eût pensé voir s'engloutir la grandeur de la France.

Pendant qu'il combattait la noblesse factieuse et les protestants comme parti politique, Richelieu avait presque entièrement abandonné à d'autres le but qu'il s'était proposé dès le commencement de son ministère : l'abaissement de la maison d'Autriche. Libre enfin à l'intérieur, il résolut de continuer la lutte séculaire contre les petitsfils de Charles \, lutte glorieuse malgré de grands désastres, salutaire à la France qui lui dut son indépendance, le sentiment de sa force et l'instinct de ses destinées. Il la reprit avec d'autant plus d'ardeur que son illustre allié Gustave-Adolphe venait de disparaître, frappé dans sa marche triomphale. Mais, attaquer l'Autriche , c'était attaquer l'Espagne , le bras droit de cette maison dont les événements seuls avaient pu la détacher en fait, tandis qu'elle lui demeurait unie de cœur et d'intérêt. Ruinée en Allemagne par la politique sans merci et sans vergogne de son chef, par l'abus le plus monstrueux de l'iniquité brutale, l'Autriche ne pouvait plus rien que par les soldats, les généraux, l'or et les intrigues de l'Espagne. De vieilles et légitimes rancunes, la soif de représailles, la menace incessante d'invasion par les Pays-Bas. la Franche-Comté et le

Page 1