DÉSORDRES DU CLERGÉ
des petites gens. Ce n'est plus l'aspiration à la sainteté (les cloîtres qu'il exalte; mais la vie utile dans le siècle, la vie dévouée au service de ceux qui souffrent et qui manquent de tout, qui croupissent dans l'ignorance; et à ceux qui lui montrent les dangers de ces corporations nouvelles que les murs du monastère ne défendent plus, il répond qu'elles auront plus de vertus. C'est parmi les femmes que Vincent cherche ses premiers auxiliaires, comprenant que dans toute femme il y a la nature d'une sœur de charité, qu'elles seules ont les qualités nécessaires à la douce mission qu'il entrevoyait dans sa pensée ; patience dans la douleur^ abnégation dans le devoir, dévouement d'instinct et de tempérament, délicatesse infinie du cœur.
Aucune réforme ne pouvait venir plus à propos : en vain l'Église, sur les plaintes nombreuses formées contre la gestion des biens de la charité hospitalière par le clergé, avait averti officieusement ses membres; en vain les conciles de Vienne et de Trente' avaient tenté une sage distribution dans les divers offices de l'assistance : aux religieux le service des pauvres, aux prêtres la conduite des âmes, aux laïques la gestion des biens; les abus croissaient chaque jour. Après les avoir signalés avec fermeté, on les attaqua avec résolution : François I", sur les plaintes du cardinal de Meudon, grand aumônier, attribua d'abord la surveillances des maladreries et léproseries à l'autorité civile, avec faculté de remplacer les administrateurs. Deux ans plus tard,
1. Concil. Vienn., sessio tertia, anno 1311; — coiicil. Trident., scssid septima. Decretum de reformaHone, Can. xv, 1547. — Voir sur cette question Martin Doisy, Histoire de la Charité; Alexandre Monnier, Histoire de l'assistance publique, couronné par l'Institut; Moreau-Clirislophe, Problème de la misère.