‹ La Misère au temps de la Fronde et saint Vincent de Paul (volume 3)Chapitre 156 sur 420 · LÀ CHARITÉ · texte numérisé non relu

LÀ CHARITÉ

gieux, OU au moins l'assistance de deux échevins et du substitut du procureur à la reddition des comptes; elle prouve que dans l'hôpital de Saint-Antoine de Viennois, sous prétexte de n'entretenir que des malades du feu saint Antoine, depuis quarante ans la maison n'en a point un seul, et emploie le bien de l'hôpital pour les intérêts de l'ordre. Les religieux de Saint-Denis et l'aumônerie de Sainte-Gatherinfi, qui devaient dépenser une partie de leurs revenus à l'éducation de sept enfants orphelins, d'un maître et d'une servante pour les conduire, et le surplus à la nourriture et habitation des pauvres de la ville, apportent même négligence dans l'accomplissement de ces deux devoirs et confisquent au profit de l'ordre un revenu de 20,000 livres. Ceux de Saint-Remy sont allés plus loin: depuis plus de trente ans, pour avoir prétexte de fermer leur porte aux pauvres, ils ont ôté les lits de l'aumônerie. Pendant ce temps, la ville succombe sous ses charges, et ne peut suffire aux dépenses de la maison de charité qu'elle avait élevée en 1633; dans un seul hôpital, qui pouvait contenir vingt malades au plus, depuis janvier 1652 jusqu'en juillet 1653, pendant dix- huit mois, elle en eut jusqu'à cinquantetrois !

Vincent, dès son premier essai à Châtillon, introduit l'élément laïque dans ses associations de charité : le procureur, d'après les statuts, sera indifféremment un ecclésiastique ou un bourgeois de la ville (et le choix tomba sur un bourgeois, Jean Benier ou Beynier); les compte» sont rendus chaque année par la trésorerie h jour fixe (le lendemain de la Pentecôte), en présence du curé, du procureur, du châtelain, de fun des syndics et du recteur de l'hôpital. Ces concessions aux justes exigences de l'é-

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