‹ La Misère au temps de la Fronde et saint Vincent de Paul (volume 3)Chapitre 157 sur 420 · DE CHATILLON · texte numérisé non relu

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poque expliquent peut-être la rapide propagation de l'institution du pauvre curé de Châtillon.

Si Vincent, comprenant l'afTinité naturelle qui existe entre la femme et le prêtre ', chercha surtout ses auxiliaires dans la femme, qui se fait si facilement toute à tous, qui éprouve une sorte d'affection pour es âmes « calleuses, » pour les malades et les infirmes, il n'éloigna cependant pas systématiquement les hommes des œuvres de charité qu'il méditait. Dès le mois d'octobre 1G20, l'évêque d'Amiens autorisait une confrérie de charité d'hommes; laissant aux femmes le soin des malades, les hommes se chargeaient spécialement des pauvres valides. Comme les confréries des femmes, les charités des hommes se répandirent assez rapidement ; mais elles réussirent peu en général, et bientôt Vincent dut se résigner à en abandonner la pensée.

Cependant madame de Gondy n'ayant pas renoncé au désir de ramener dans sa famille son ancien directeur, Vincent se rendit enfin aux instances réitérées de tous ses amis, et retourna chez le général des galères, après un séjour de cinq mois dans sa cure de Châlillon. D'autres institutions non moins grandes qu'il devait réaliser avec l'appui de cette puissante famille l'attendaient. Outre l'œuvre des Missions, qui prit peu à peu un plus grand développement, Vincent s'occupa d'autres misères, d'autres souffrances plus terribles peut-être que celles de

1. Un jeune critique distingué, M. Emile Montégut, a bien caractérisé ce» affinités : « De tous les types humains, le prêtre est celui qui se rapproche le plus de la femme. Toutes les qualités féminines lui sont recommandées par son devoir : la douceur et la patience lui sont imposées parle caractère dont il est revêtu, la persuasion doit être son moyen d'action le plus légitime; la nécessité où il est de conseiller, de soutenir, de consoler les âmes souffrantes, l'oblige à procéder avec plus de tact et de ménagement que les autres hommes. »

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