‹ La Misère au temps de la Fronde et saint Vincent de Paul (volume 3)Chapitre 177 sur 420 · ET CHARITABLE DE VINCENT DE PAUL · texte numérisé non relu

ET CHARITABLE DE VINCENT DE PAUL

nous montre les efforts de Vincent; elle est datùe du Mans, le 4 mars 1649, et adressée à M. Portail, prêtre de la Mission, à Marseille :

« Je vous connais trop attaché au bon plaisir de Dieu pour vous étonner de n'avoir pas reçu de mes lettres depuis deux mois ; c'est bien malgré moi, car je n'eusse pas discontinué de vous écrire si les postes n'avaient cessé d'aller... Je suis occupé à la visite de toutes nos maisons... Vous savez les pertes que nous souffrons, non-seulement des blés que nous avions à Orsigny et à Saint-Lazare, mais par la privation de toutes nos i-entes (placées en grande partie sur les coches), ce qui nous a obligés de décharger Saint-Lazare et les Bons-Enfants, où il n'y a plus que sept ou huit prêtres, dix-huit écoliers et quelques frères. Le reste a été envoyé à Richelieu et ailleurs, encore seront-ils obligés de sortir quand il n'y aura plus rien. De si peu qu'il y a de blé, on en distribue tous le^ jours trois ou quatre setiers aux pauvres, ce qui nous est une très-sensible consolation dans l'extrémité où nous sommes, et qui nous donne espérance que Dieu ne nous abandonnera pas ^ »

La communauté elle-même, par suite de toutes ces charités, au rapport du frère boulanger, allait à son tour manquer de blé lorsqu'arriva la paix de Saint-Germain, qui permit, avec un peu d'argent emprunté, de faire quelques provisions pour Saint-Lazare.

Vincent de Paul, étant tombé malade de fatigue et de soucis à Richelieu, ne revint à Paris qu'assez longtemps après la paix de Saint-Germain. Cette longue absence de Paris est sans doute Texplicalion de son intervention tardive dans l'organisation de l'assistance des misères publiques. Quoi qu'il en soit, les biographes les plus rapprochés de l'époque de Vincent (biographes bien ren-

1. Toutes les lettres de Vincent pendant son voyage s'entretiennent des pauvres; voir celle à Gautier, missionnaire à Richelieu, 25 février, et celle à Aimeras, 8 octobre : « Les pauvres, qui ne savent où aller ni que faire, qui souffrent déjà et qui se multiplient tous les jours, c'est làmon poids et ma douleur. » {A)'ch. Je la Mission, Paris.)

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