‹ La Misère au temps de la Fronde et saint Vincent de Paul (volume 3)Chapitre 178 sur 420 · APPARITION DE VINCEMÏ DE PAUL · texte numérisé non relu

APPARITION DE VINCEMÏ DE PAUL

seignés, puisque l'un, Abelly, était un des curés de Paris qui aidèrent Vincent dans ses travaux, et l'auire, Collet, appartient à la congrégation de la Mission) ne constatent cette intervention qu'après la levée du siège de Guise, qui eut lieu le 2 juillet 1650, et comme tout à fait accidentelle. Voici leur récit ^ :

« Après le siège de Guise par les Espagnols, les deux armées, en se retirant, laissèrent un très-grand nombre de soldats languiss-ants de V faim et malades qui mouraient sur les chemins; la nouvelle s'en ré-

fiif #.^„ pandit à Paris : Vincent fut touché de rétat pitoyable de ces malheu-

reux, et, aidé de la charitable présidente de Herse, il envoya deux missionnaires avec un cheval chargé de vivres, et environ 500 livres en argent. Arrivés sur les lieux, les missionnaires trouvèrent un si grand ^ „ . ^ nombre de ces pauvres gens couciiés le long des haies, qu'après avoir

■i:'f?-- épuisé leurs provisions ils coururent en toute hâte aux villes voisines pour acheter d'autres vivres; mais ils furent bien étonnés d'y voir les > " 1 mêmes besoins que dans les campagnes, ce qui les obligea d'en écrire

■ ^^" ?"■' ' promptement à Vincent pour lui faire savoir que la désolation était

générale dans tout le pays, et que les remèdes qu'ils avaient portés f. ,~^'j^- n'étaient rien en comparaison de ce qui était nécessaire pour y donner

quelque remède... A ces nouvelles, Vincent résolut de tout entreprendre /a I pour secourir ses frères. Quelque refroidie que fût la charité par le â^ •^Cvv.A, malheur des temps, il fit de si grands efforts qu'il la ranima et la mit en mouvement. Les dames de la charité, qui, sous sa conduite, étaient ^ prêtes à faire l'impossible, furent les premières à qui il s'adressa, et

ù <i quelque épuisées qu'elles fussent, soit par les aumônes immenses qu'elles avaient envoyées en Lorraine, soit par la dépense énorme qu'elles faisaient depuis douze ans en faveur des enfants trouvés, elles crurent que, dans une occasion si urgente, ne pas donner des aliments à une multitude que la faim dévorait, c'était en quelque sorte lui donner la mort. Pour ménager leurs ressources, Vincent pria l'archevêque de Paris de recommander aux fidèles les besoins de la Picardie et de la Champagne; les chaires retentirent des cris et des gémissements que poussaient ces deux |)rovinces. Les prédicateurs n'avaient pas besoin d'hyperbole, la misère allait bien au delà de leurs expressions. » 1

1. Ce récit se trouve confirmé par le Journal si exact de Lehauit; il parle des Pères de la Mission pour la première fois à l'occasion des maladies qui éclatèrent vers le 15 août 1650.

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