DE CETTE ORDONNANCE
fut fort touché de lïtat soiidraiu do voire ville it édifié de la bonté de ceux f|iii veulent contribuer à donner 50 livres que l'on y envoie d'ici tous les huit jours. Dieu veuille que l'on puisse continuer! Il n'est pas croyable combien ces dames ont de peine à soutenir le faix d'une si grande dépense, qui va à plus de 15,000 livres tous les mois pour la Champagne et la Picardie. Je vous supplie tr' s-humblement de croire, messieurs, que je ferai tout ce que je pourrai pour votre satisfaction et pour l'assistance de vos pauvres, tant de la ville que des villages voisins, car l'intention des bienfaiteurs est que les uns et les autres soient visités et secourus par le prêtre de notre compagnie qui est de là, autant que ce qu'on lui donne se peut étendre, préférant les pauvres malades et les plus abandonnés aux moins nécessiteux. »'
C'est encore grâce à cette ordonnance que nous pouvons comprendre les lettres qui suivent, d'abord celle de M. de La Fons, lieutenant-général de Saint-Quentin :
M Les charités qui sont, par la grâce de Dieu et par vos soins, envoyées en ces provinces de Picardie et de Champagne, et si justement distribuées par ceux qu'il vous a plu d'y commettre, ont donné la vie à des milliers de personnes réduites par le malheur des guerres à la dernière extrémité, et je suis obligé de vous témoigner les très-humbles reconnaissances que tous ces peuples en ont. Nous avons vu la semaine passée jusqu'à 1,^00 pauvres réfugiés en cette ville, durant le passage des troupes, qui ont été nourris chaque jour de vos aumônes, et il y en a encore dans la ville plus de 1 ,000, outre ceux de la campagne, qui ne peuvent avoir d'autre nourriture que celle de votre charité. La inisère' est si grande qu'il ne reste [jIus d'habitants dans les villages qui aient seulement de la paille pour se coucher , et les plus qualifiés du pays n'ont pas de quoi subsister. Il y en a même qui possèdent pour plus de 200,000 écus de biens et qui, à présent, n'ont pas un morceau de pain et ont été deux jours sans manger. C'est ce qui m'oblige, dans le rang que je tiens et la connaissance que j'en ai, de vous supplier d'être encore le PÈRE DE LA PATRIE, pour conscrvor la vie à tant et tant de pauvres moribonds et languissants que vos prêtres assistent , et ils s'en acquittent très-dignement. »
Ou bien celles du chanoine et archidiacre de Reims, M. de Y., et du bailli de la même ville, M. Soiiyn. Nous citerons seulement la seconde, celle du chanoine se le-