CORRESPONDANCE OFFICIELLE
nant trop clans des généralités; celle du bailli nous montre une organisation déjà sérieuse et puissante, établie par Vincent dans ces provinces désolées pour arriver au meilleur emploi des charités de Paris :
« Je crois que l'on vous aura fait voir le mémoire que j'ai envoyé à Paris, de l'état auquel j'ai trouvé ici l'ouvrage de votre charité, et les assistances corporelles et spirituelles que vous procurez aux pauvres de la campagne... Deux de vos prêtres sont venus en cette ville, l'un pour prendre l'argent de l'aumône, pour n'en pouvoir trouver dans les lieux de sa résidence qui sont dénués de tout, et l'autre pour enlever partie d'une quantité de grains qu'il a achetés ici, et les faire conduire à Saint-Sou pplet pour la nourriture de ses pauvres. Ainsi chacun travaille heureusement sous vos auspices au soulagement des misérables, tandis que vous vous employez de delà à enflammer ce feu divin qui produit cet or qu'on répand dans la Picardie et dans la Champagne. J'attends
ici M , à qui vous avez donné la direction générale d'une si grande
œuvre i, pour l'établissement de nos quartiers d'hiver, j'entends des hôpitaux et de la subsistance des pauvres curés. Notre magasin d'orge^ qui provient de vos aumônes, s'emplit toujours pour faire quelque distribution pendant le mauvais temps. Continuez, monsieur, ces soins charitables qui conservent la vie mortelle à tant de pauvres gens et qui leur assurent le bonheur de l'éternelle par l'administration des sacrements, qui cesserait sans doute en beaucoup de lieux sans votre secours. »
Faut-il encore à ces lettres en ajouter une de M. Simonnet, président et lieutenant général de Rétliel où, après avoir loué la charité du saint, qui lui rappelle le dévouement de la primitive Eglise, il ajoute : « Vous pourvoyez aux besoins des pauvres avec tant d'ordre et tant de zèle, par les prêtres de votre congrégation que
1. Probablement Aimeras, qui fui après Viucenl le supérieur de la Mission; on rencontre à plusieur.^ reprises, dans la correspondance du saint, aux archives de la Mission, son nom comme chef des secours de la Picardie et de la Champagne, on le voit sans cesse, aux dépens de sa santé, car plusieurs fois il faillit mourir de la peste, parcourir les provinces pour bien connaître par lui-même la véritable situation.